Documents pour «Musique»

Chronique Aka 2008 fév, Mantes-la-Jolie : Le spectacle des V.I.P 1 filmé par Zoko, Pygmée aka de RCA

Alain EPELBOIN

36min35

À l'invitation d'associations centrafricaines de Mantes-La-Jolie (SFC, UNAC, COCHAF), soutenues par la mairie et le conseil général, un groupe de musiciens pygmées aka de la région de Mongoumba (Lobaye, République centrafricaine), sous l'égide du ministère de la culture de RCA, programme TOPA (Traditions orales des Pygmées Aka) est invité à réaliser un programme de musique et de danse. Ce deuxième document, d'une série de trois raconte une après midi de répétitions dans la salle Saint Kizito du sous-sol de l'église St Jean Baptiste du Val-Fourré à Mantes-la-Jolie.
L'originalité du document, c'est qu'il a intégralement été filmé par Zoko Antoine, Pygmée Aka : et que c'était la première fois qu'il tenait une minicaméra à écran !

Chronique aka 2006, Békélé : Chanson du sida filmée par Mombaka

Alain EPELBOIN

04min20

Place centrale du campement de Békélé (Bagandou, Lobaye, République centrafricaine)
C'est Mombaka, le fils aîné de Ginza qui tient la caméra.
Ginza exécute sa chanson, "le sida c'est dur". en se faisant accompagner d'abord brièvement par les femmes, dont sa femme, puis par ses frères, fils et cousins aux tambours et par les chants et frappe de mains des enfants.
A propos de la capote que la chanson recommande d'utiliser, il mime sa mise en place, puis l'acte sexuel, utilisant ses propres enfants comme partenaires.

Chronique aka 97 : Boire et déboires après la forêt

Alain EPELBOIN

29min41

Chronique aka 97 : Boire et déboires après la forêt :
Chronique aka vidéo, Paris septemnre 1997,
Chronique aka écrite, Bordeaux, novembre 1994
En septembre 1997, une tournée européenne de musiciens aka de République centrafricaine est organisée par "Le jardin des poiriers" et Régis Cissokho, des promoteurs français et centrafricains de spectacles ethniques




L'équipe choisie est celle avec laquelle travaillent depuis des décennies les ethnomusicologues du CNRS, Simha Arom et Susanne Fürniss à proximité de Mongoumba.

Alain Epelboin, anthropologue médecin, vidéaste, travaille dans des campements voisins de ceux des voyageurs.

Bien connu d'eux, il en profite pour poursuivre la "Chronique aka", initiée par lui en 1980...




ACTEURS

Bokuma, Botambi, Malala, Mokenzo, Mombangu, Ngélébodé, Ndolé, Ngbana, Tinakoka, Yakpa

et

Simha Arom, Aby Barthélémy, Béatrice Edlicher-Godelier, Alain Epelboin, Susanne Fürniss




COMMENTAIRES de Ginza, Mbonga, Koti, Isanya, Makanda et Cie transcrites à Akungu en novembre 1994 à leur  retour du voyage  à la foire-exposition de Bordeaux traduites par Bobino Topesua Mbato et dîtes par Alain Epelboin

IMAGES et SONS

Alain Epelboin, Claire Lussiaa-Berdou

MONTAGE

Alain Epelboin, Annie Marx, Mireille Gruska, Jean-Louis Durand, David-Pierre Fila

REALISATION

Alain Epelboin

Yvonne Treis : Au bord du silence Chants traditionnels du pays baskeet

11min57

« C’est
par hasard que j’ai rencontré Kammtso Kammo. Et j’ai connu son histoire plus
tard. A l’époque, je ne savais pas. »
La rencontre avec ce chef de clan,
l’un des derniers gardiens des chants et des contes de sa communauté, est
décisive pour Yvonne Treis. Linguiste et intéressée par le Baskeet, une
langue omotique parlée en Ethiopie, la chercheuse comprend la richesse et la
fragilité extrême de cette culture qu’elle vient à peine de découvrir.
Parcourant la campagne, elle se consacre alors à recueillir des traditions
langagières et musicales aujourd’hui au bord de disparaître.
Avec Yvonne Treis, linguiste au LLACAN (Langage, langues et cultures d'Afrique noire) CNRS / INALCO

8 - ARTS ET CONNAISSANCE - Art et cognition

Gisèle Sapiro

1h43min19

Arts, littérature et sciences sociales
Colloque organisé à l’occasion du 40e anniversaire de l’EHESS
8- ARTS ET CONNAISSANCE - Arts et savoirs


Modération : Gisèle Sapiro




avec :


Jérôme Dokic Narrations linguistiques et mentales : perspectives croisées
Denis Laborde La Musique au pluriel : enquête sur l'institution des catégories
Claude Calame Création poétique et savoir partagé : pragmatique des formes poétiques
grecques







Si les sciences humaines et sociales se sont constituées en s'arrachant à la littérature, celle-ci est devenue, tout comme l'art, la musique, le théâtre et le cinéma, à la fois une source et un objet à part entière de l'histoire, de la sociologie, de l'anthropologie, de la philosophie, du droit, voire de l'économie, qui dialoguent plus ou moins avec les disciplines spécialisées dans ces domaines, à savoir les études littéraires, l'histoire de l'art, la musicologie, les études théâtrales et cinématographiques. Mais l'apport des arts et de la littérature aux sciences humaines et sociales ne se limite pas à leur usage comme source ou leur constitution comme objet. Ils contribuent à structurer notre perception, nos catégorisations cognitives et nos valeurs, donc notre connaissance du monde et nos formes de vie. A l'inverse, les arts et la littérature n'ont cessé de se nourrir des sciences humaines et sociales. L'EHESS a joué et joue encore aujourd'hui un rôle pivot dans ce dialogue interdisciplinaire. Son anniversaire est l'occasion de dresser un état des lieux des acquis de ce dialogue.







Organisateurs
Esteban Buch (musicologie, EHESS-CRAL)
Dinah Ribard (histoire, EHESS-GRIHL)
Karine Le Bail (histoire, EHESS-Centre Georg Simmel)
Gisèle Sapiro (sociologie, EHESS-CESSP)
Jean-Marie Schaeffer (études littéraires, esthétique, EHESS-CRAL)

Colloque co-organisé par le CESSP, le CRAL, le GRIHL et le Centre Georg Simmel

Chronique aka, Akungu 1994 : Le lémurien et l'araignée, chante-fable

Alain EPELBOIN

03min02

Chant-fable du lémurien, harpe et yodle pygmée

Images : Alain Epelboin



Nzike est un Galago, un petit lémurien aux yeux protubérants et au ventre volumineux. Dans un chant-fable très prisé, reprenant un mythe fondateur, il est décrit comme très goinfre. Un jour il fait le pari avec komba le civilisateur démiurge, avatar de Tôlé, que celui-ci n'arriverait pas à le nourrir à satiété. Le jour dit, il se présente chez lui, dévore le plat énorme à lui tout seul. Puis, il passe derrière la maison pour se soulager, revient en réclamant encore à manger. Il recommence la même manœuvre, avec passage derrière la maison pour satisfaire ses besoins, jusqu'à ce que toutes les provisions du campement soient épuisées. Furieux d'avoir perdu le pari, l'hôte le suit derrière la maison et découvre nzike endormi avec ses parents, au milieu de leurs déjections : pour gagner le pari, il a fait appel à tous ses parents, semblables à lui.
Et c'est depuis ce jour que les nzike ont de gros yeux et un gros ventre.

Chronique aka 1993, Motonga : Gbédéle, femme, fille et mère

Alain EPELBOIN

20min27

Chronique pygmée, juin, décembre 1994, Mongoumba, Lobaye, RCA




Filmé dans un campement de pygmées aka, sous-préfecture de Mongoumba,

Gbédélé : femme, fille et mère Lobaye, R.C.A.

Image et son

Alain Epelboin




Dans le campement pygmée aka de Woto, en République centrafricaine, suivi au cours de deux journées ordinaires des interactions entre un bébé (âgé de 3-4 mois puis 9-10 mois), de sa mère adolescente, Gbédélé , de Mowo, sa grand-mère et des membres du campement, sans compter les tantes et les cousins, cousines.

Gbédélé donne à téter à sa fille, la berce en chantant, rieuse. A ses côtés, sa mère la regarde, la conseille, l’éduque. Elle prend aussi soin du bébé, qu'elle berce pendant que Gbédélé vaque à ses activités ménagères.

Six mois plus tard : un petit groupe s'est formé pour faire de la musique avec des arcs musicaux, des percussions, la frappe des mains, des chants... Gbédélé joue de l'arc à deux cordes. Le bébé est présent parmi eux.

Les stimulations sonores et corporelles imprimées sur le corps de l’enfant lors de ses pleurs sont systématiquement en rapport avec les rythmes fondamentaux de la musique traditionnelle aka.

Chronique aka, Akungu 1994 : discordes, infortunes et réparations

Alain EPELBOIN

59min21

Chronique d'Akungu juin 1994, discordes, infortunes et réparations
traduction et voix en français : Bobino Patrice Topesua Mbato
En juin 1994, les habitants du campement pygmée d'Akungu, en République centrafricaine, sont frappés d'infortunes. Divers rituels sont pratiqués pour ramener le bien-être et la concorde. Une jeune femme, Mambi, pratique un rituel sur le corps de son dernier-né, afin de pouvoir consommer un animal interdit aux femmes allaitantes. Monduwa, un guérisseur étranger au campement, purifie un fusil souillé par du sang menstruel. Pour un prétexte futile, I'emprunt d'une harpe, une bagarre éclate: nombre d'habitants en profitent pour contester l'autorité du chef Yakpata. Mambi effectue une fumigation de son bébé puis raconte en riant sa consultation au dispensaire pour ses propres maux de ventre. Un homme se fait extraire par Monduwa le maléfice qui gâtait sa chance et son habileté à la chasse. Un singe et un céphalophe sont préparés sous le regard gourmand des enfants, puis partagés. Lors d'une soirée de danse, une divination par scrutation d'un feu allumé est pratiquée. Monduwa ordonne que Yakpata et son fils se réconcilient: le défunt frère cadet de Yakpata hante le campement. Une femme malade est soignée en utilisant une lame de machette rougie au feu. Un grand rituel de réconciliation a lieu. Chacun, après avoir dit ce qu'il avait sur le cœur, crache sur un rameau de feuilles purificatrices.




Chapitres :
1ère journée

01 Bébé et nandinie, prévention d'une rupture d'interdit 1 mn 41

Lundi 6 juin 1994

10 h 35 : Akungu, maison de Ginza, Koti, Mambi & Co

Simon Kikili (cousin de Ginza) dépose devant Mambi l'animal qu'il a tué avec la cartouche que Monduwa , le guérisseur, lui a donné. C'est un petit carnassier, la nandinie, une viande goûteuse et grasse, normalement interdite (kila) aux femmes enceintes et aux mères allaitantes sous peine de maladie pour leur enfant. Et Mambi veut pouvoir en manger.

Elle effectue donc à titre préventif le rituel ketu.

Elle se saisit d'une poignée de feuilles de lèndè (Fabacée) dont elle fustige la tête de l'animal et celle de son dernier-né Noël. Pour finir, elle arrache quelques poils sur la tête de l'animal qu'elle dépose sur la fontanelle de son enfant.

Dans le même temps elle prononce des paroles rejetant vers la forêt les principes néfastes générant la maladie kila.

02 Chanvre et musique, préparation d'une journée de travail 57 s

C'est au cours de séances familiales pluriquotidiennes joyeuses de consommation collective de chanvre que Ginza, le "mbai", le dirigeant du campement, fait passer ses instructions du jour à ses frères et cousins.

03 Construction du corps, perçage des oreilles d'un bébé 1 mn 25

Mangutu, de passage au campement de ses parents, fait percer les oreilles de sa petite fille.

04 Chasse et chance, lavage d'un fusil 2 mn 41

Monduwa, le guérisseur, assisté de Mésa, "lave", purifie le fusil d'un chasseur villageois qui ne tue plus de gibier. La femme du propriétaire du fusil a gâté la chance du fusil en enfreignant un interdit : elle a mangé de la viande tué par ce fusil alors qu'elle avait ses règles.

05 Discorde et infortune, bagarre entre cousins 5 mn 19

Une bagarre éclate entre Mesa et Matoko, deux cousins, officiellement pour une harpe empruntée, officieusement parce que le premier a tenté de séduire la femme du second. Certains cherchent à les séparer, des frères viennent aider un des combattants. Le vieux Yakpata semble chercher l'apaisement, mais en fait soutient Matoko, son fils préféré, de telle façon, qu'il envenime la situation.

Masoy, la veuve de son frère le lui reproche publiquement.

Mambi et Koti commentent l'évènement.

06 Thérapie des interdits, fumigations de l'enfant et de la mère 3 mn 44

Noël, le dernier né de Mambi fait des cauchemards et se réveille la nuit. Redoutant que ce soit les symptômes annonciateurs d'une maladie dûe à un interdit qu'elle a rompu, elle lui applique ainsi qu'à elle-même une fumigation de feuilles sp..

07 Jeu et apprentissage, grimaces à un petit frère 47 s

Wawa amuse son petit frère Noël en lui exécutant ses plus belles grimaces et mimiques.

campement - pygmée - aka - quotidien - petite enfance - apprentissage - grimace - jeu -




2ème journée

08 Chasse et chance, extraction d'un maléfice 9 mn 45

Mbonga consulte Monduwa, se plaignant de son infortune à la chasse à la sagaie. Le guérisseur diagnostique qu'un objet maléfique lui a été projeté dans l'épaule.

Il entreprend de le lui extraire, pratiquant d'abord une scarification, puis une succion.

Il crache sur une feuille de bananier un mélange de salive, de sang et l'objet maléfique, que Mbonga va soigneusement enterrer derrière la maison.

Puis Monduwa applique sur la scarification un remède devant conférer adresse et force à Mbonga lors de ses prochaines chasses.

09 Maladie et interdit, soins d'un abcès du dos 3 mn 11

Isanya tente vainement de percer un abcès du dos du fils de son frère Mbonga.

10 Soirée de danse, divination et thérapeutique 14 mn 42

En raison de la bagarre, des discordes et des infortunes qui affectent les habitants du campement, une soirée de danse est organisée, entrelaçée par deux séquences divinatoires et une séquence thérapeutique.




3ème journée 

11 Discorde et infortune, réparation par la salive 13 mn 42

Suite à la soirée se danse réussie de la veille, Yakpata organise un rituel de réconciliation. Il est basé sur un crachat de salive par tous les résidents du campement, petits et grands, sur un faisceau de feuilles sp.. Chacun avant de cracher a la possibilité de dire ce qu'il a sur le coeur, et bon nombre ne s'en privent pas.

A la fin, avant d'expulser ce faisceau de feuilles couvert de salives en dehors du campement, Yakpata se purifie en s'en fustigeant la tête. 

Chronique aka 1993, Motonga : Leçon de chant et de danse ou la drague des Pays d’Akungu

Alain EPELBOIN

10min38

Leçon de chant et de danse ou la drague des Pays d’Akungu

Ginza, Isanya et Mombaka, meneurs de chant et de danse

Mokoso, meneur de percussions

Le mari de Gbédélé

Bassin Joseph

Un frère de Monduwa

Le fils de Bassin

Gbédélé

Bonzanga, la femme de Monduwa

Mombaka, fils de Ginza


10 décembre 1993

Campement de Oto Joseph (Mongouba, RCA)

© 2002 Alain Epelboin SMM CNRS MNHN Paris




En décembre 1993, Ginza, Isanya et Mombaka en visite chez Monduwa font une démonstration de leurs chants et danses à leurs hôtes. C'est aussi l'occasion de séduire !

Chronique aka 1992, Akungu, Paris : La chasse au filet, Akungu, 27 novembre 1992

esti

12min30

Chroniques pygmées, la chasse au filet, 27 novembre 1992, Lobaye, République centrafricaine
Emission “Sylva” sur Arte


Réalisatrice :
Esti

Auteurs :

Alain Epelboin & Esti

Image & son :

Alain Epelboin & Esti

Avec les habitants du campement d’Akungu :

Ginza, Monbaka, Mesa, Mbolo, Koti, et Mambi




Présentation d'une chasse au filet, commentée par l'ethnologue, avec également lecture de son carnet de terrain.

Chronique aka 1988, Akungu : Femmes pays

Alain EPELBOIN

21min54

Dans le campement pygmée d'Akungu, en République centrafricaine, les femmes et les enfants vaquent à leurs occupations quotidiennes. Au cours de quelques journées se déroulent des scènes telles que la préparation et la cuisson de chenilles, la cure de la migraine d'une jeune femme, la toilette des enfants dans la rivière, la préparation des repas, les jeux des enfants, l'extraction de puces-chiques du pied d'une enfant, la scarification, le tatouage et la décoration des visages et des bras, puis la scarification thérapeutique d'une jeune femme.


Chapitres :
01 préparation de chenilles ndosi
1. Les chenilles sont décoconnées.
2. Une fois décoconnées, elles sont prêtes à griller de façon à éliminer leurs poils et à assurer leur éventuelle consommation.
3. Les cocons vides seront ensuite repoussés hors du campement dans un tas de déchets secs.
4. Du bois est mis à brûler afin de préparer la braise nécessaire à la grillade des chenilles.
5. Mambi secoue les chenilles mélangées avec des braises, dans une vieille marmite en aluminium, percée.
6. Les chenilles sont versées sur le sol, puis triées jusqu'à obtention d'un époilage satisfaisant.


Extrait de l'encyclopédie des Pygmées Aka Edd. SELAF
© chenille Anaphe (spp.) 
 .kòngo // = .ndosì 
Thaumétopoéidé, Anaphe venata Butler, A. infracta Welsh.
Morphologie - Jaune foncé, couvertes de longs poils blancs; petites chrysalides brunes. — Éthologie -Petites chenilles processionnaires; cocons réunis en cocon communautaire.
.ndòsì, Chenille Anaphe, Thaumétopoéidé, Anaphe sp.

Acq. - prod. (collecte) = septembre; elles font l'objet d'une récolte systématique pendant la période des chenilles.
Expl. - conservation = séchées après vannage sur les braises pour enlever les poils toxiques;
- échange/commercialisation = fort prisées des villageois, ceux-ci en sont très demandeurs, soit dans le cadre de l'échange, soit en les achetant aux Aka quand ils ne sont pas alliés.
Alim. - base (chair = elles sont cuites à l'eau bouillante, puis assaisonnées ou non de sel et d'huile de palme; on consomme aussi les chrysalides dont la saison dure plus longtemps (novembre); la consommation de .ndòsì mal cuites provoque des vomissements répétés et violents.
?Méd. - gastro. (indigestion de § .ndòsì) = l'écorce de § .gbàdo, en décoction à boire, calme les vomissements et les fait stopper.
Créd. - biologie = pendant la saison des chenilles, la saison des .ndòsì, constitue une des trois étapes marquées; les chrysalides se réunissent dans un grand cocon communautaire, è.koto-ya-ndòsì / la peau | la÷cette de | l'÷ Anaphe /;
Les chenilles (§ .kòngó) doivent souvent être flambées pour les débarrasser de leurs piquants ou de leurs poils, mais on emploie le verbe § mbà- “griller” pour cette action (§ .sOngí) ou encore § pEp- lorsque l'on utilise pour ce faire un panier spécial § .sàkádà). De nos jours, une bassine d'aluminium percée de trous et dotée d'une anse végétale remplace souvent le panier traditionnel, moins résistant aux braises qui assurent l'époilage.
Lorsque les chenilles se rassemblent et forment des groupes compacts et lorsqu'elles se mettent en cocon communautaire, il n'est plus possible de distinguer l'individu; on a affaire à une masse indifférenciée, ce que représente la dérivation par changement de genre.
(N : 9/8 = bò.ndòsì / mà.ndòsì)2


02 consommation de fruits vondo
Koti a rapporté d'une tournée de cueilette des fruits vondò d'une liane Apocynacée : ils sont immédiatement consommés en les suçant.


03 cure de migraine par application de mbili sur des scarifications
Après avoir réalisé des scarifications en couronne sur le front et les tempes de Wawa qui souffre de migraine, Mambi applique une pâte médicinale § .mbili.
L'application du .mbili provoque une vive douleur que Wawa exprime par des cris et des gémissements.
L'opération terminée, Mambi range la lame de rasoir ainsi que les restes de remède dans une petite boîte cylindrique propriété de Wawa.
Celle-ci se couche, sa dernière-née blottie contre son sein et finit par s'endormir, soulagée.
Les enfants se partagent un gobelet d'eau

Extrait de l'Encyclopédie des Pygmées AKa Ed. SELAF-Peeters
bambo (Nd : 5/6 = è.bambo/bè.bambo < *bamb)  mal de tête (sp.), céphalée (sp.), migraine (sp.)
La douleur est perçue comme un éclatement (d'où le nom de la maladie), selon certains ressenti d'un seul côté de la tête, souvent accompagné de vertiges.
Dans un premier temps, le malade se soigne lui-même en fabricant ou se faisant fabriquer par un proche une corde-remède tressée (§ .kOdi), qu'il se noue autour de la tête. Si ce traitement n'est pas suivi d'effet ou si le mal est trop violent ou encore si le malade ne connaît pas la plante pour faire la corde-remède, il s'adresse au guérisseur (§ .ngàngà). Celui-ci (ou à défaut une parente du campement) lui fait des scarifications qu'il enduit de poudre-remède (§ .mbili) et de sel de cendres.
mò.kOdi-wa-è.bambo «liane-remède de la migraine» è.bambo à`O mò.sokò-wâvE wa mù-bàta o-tùtù, wà mù-bambua o-tùtù, bô nde ba kEsà
«La céphalée donc, c'est ta tête qui se fend en dedans; elle éclate en dedans c'est pourquoi on incise»

 bo mò.sokò-wâvE wa kOnE, OvE ga kà-mò.kOdî, nde ò kàta mò.sokò, nde ò kàta bamoedi «Quand la tête te fait mal, tu te contentes de couper une corde-remède, de te l'attacher à la tête sur laquelle tu l'enfonces» (AE .bambo 18-19)
cƒ .kOnO
04 Jeu d'enfant: préparation d'un repas
A la limite entre le jeu et la réalité, Mengi prépare un petit repas pour ses petites soeurs, tandis que sa mère migraineuse se repose.



 05 Enchanvrement des enfants
Mongay, aidé par une fillette (=une tante) finit tranquillement les restes de chanvre indien de la pipe de son père.
Encyclopédie des Pygmées Aka Ed SELAF-Peeters
.mbangì (N : 1/2 = mbangì/bà.mbangì) Chanvre indien

Cannabis sativa L., Cannabinacée
Plante herbacée cultivée.

Tech. : gén. (stupéfiant) = les feuilles et les sommités fleuries sont séchées, écrasées entre les doigts et et fumées dans une pipe sp. ou dans une feuille végétale ( Zingibéracées § .sEtì, Renealmia sp. ou Aframomum sp.) ou dans n'importe quel papier disponble
La pipe la plus couramment utilisée est constituée par l'entrenœud de bambou sòngò : le fourneau est constitué par le creux de l'amorce éclatée d'une cartouche de calibre 12.

Soc. : écon.-soc. (échange) = le Chanvre indien, importé illégalement des pays limitrophes, entre dans le cadre des échanges avec les villageois, au même titre que le tabac (§ .mbangà) et l'alcool (§ .ngbakò). De très rares Villageois de la région et à présent quelques Aka en cultivent occasionnellement quelques pieds dans un coin reculé de plantation forestière (la culture en étant interdite).

Même si tous ne sont pas amateurs, de nombreux Pygmées sont consommateurs de chanvre indien. Celui-ci, au même titre que les alcools et les tabacs, n'est pas considéré par les Aka comme une drogue toxique, mais comme des nutriments nécessaires à l'entretien de la santé et de l'humeur, à la réalisation de performances, par exemple de chant ou de danse. Ils permettent l'exécution des travaux pénibles exigés par l'entretien des plantations villageoises de café.

Outre le miel et des remèdes “magiques”, le chanvre et le tabac sont employés par nombre de grands chasseurs pour mener à bien les longues poursuites de gros gibiers.

Hommes, femmes, adolescents, enfants, tous les amateurs ont leur part, qui n'est pas égale. Le partage au sein de la société aka obéit aux règles coutumières de répartition des produits valorisés et donne à voir, au-delà des discours théoriques de préséance, le fonctionnement quotidien de la société. La consommation de chanvre n'est pas le fait d'amateurs marginaux; elle est totalement socialisée.

 Tous les membres du campement, hommes, femmes et enfants, participent aux causeries et réjouissances, dont fumer fait partie. Le tabac n'est absolument pas considéré comme toxique et de jeunes enfants finissent “en cachette” les restes de pipe ou de cigarettes.

Les dons et contre-dons de tabac affichent la reconnaissance du statut social de l'individu. Ils sont donc de fait très ritualisés, notamment dans les rapports avec les beaux-parents.

En cas de manque, des fumeurs toxico-dépendants sont amenés à échanger des quantités importantes de produits forestiers contre de dérisoires quantités de cigarettes auprès de leurs fournisseurs villageois.

Néanmoins, à l'exception des grandes occasions, les parts journalières per capita sont la plupart du temps réduites à quelques bouffées d'un produit à faible teneur en substances actives. Les femmes amatrices sont moins nombreuses que les hommes et plus discrètes.

Il n'y a aucune notion, dans cette société, de la toxicité biologique de la fumée inhalée : cigarettes et pipes passent sans cesse de bouche en bouche selon des ordres de préséance précis ; des papiers épais, imprimés servent à confectionner des cigarettes ; les pipes à réservoir d'air impliquent des aspirations très aggressives pour les poumons.

Conscients du caractère illégal de la possession et de la consommation du chanvre au regard des lois officielles de l'Etat centrafricain, les Pygmées savent, en présence d'étrangers, parfaitement dissimuler leur consommation. Aussi est-il très difficile d'apprécier l'ancienneté de l'usage du chanvre indien chez les Pygmées aka?
Lorsqu'une prise de chanvre provoque un malaise caractérisé par le fait que les “yeux tournent” (misO mâ zònga, vertiges), on frotte le corps du fumeur avec les feuilles de .tOtO  grandes herbes (spp.) (Commélinacées, 1) Palisota hirsuta (Thunb.) K. Schum. 2) P. schweinfurthii). Après quelques instants, il reprend ses esprits {Mga 94}.

Si la conduite d'un individu, sous l'emprise de l'alcool ou du chanvre, va à l'encontre des normes de sociabilité, il est considéré comme malade et pris en charge par la collectivité. Cette “maladie” est rapportée au .kìlà (1. interdit alimentaire, 2. maladie due à la rupture d'un interdit alimentaire). La cure, outre différentes thérapies appropriées, à base d'onctions de matières végétales et de scarifications avec application de substances médicinales, aboutit à un interdit personnalisé de consommation de chanvre ou d'alcool.

Les devins-guérisseurs aka, avec lesquels nous avons travaillé {Mga et Bg}, ne consomment jamais de chanvre, sans qu'il soit possible de savoir s'il s'agit d'un goût personnel ou d'un interdit spécifique. Ces mêmes individus, au cours de leur apprentissage-initiation et de leur exercice professionnel, ont été amenés à consommer à des fins divinatoires un lixiviat hallucinogène et psychodysleptique d'écorces de racines de § .bònd&o (Strychnos icaja et surtout Tabernanthe iboga). L'usage en est strictement réservé aux contacts avec le surnaturel (divination et ordalie) et en conséquence au spécialiste, le devin-guérisseur et ses assistants.

Tabac, alcool et chanvre sont tous produits de l'échange avec les Villageois. Le vin de palme (§ .lEkù), sans en être produit puisque les Aka se le procurent directement, résulte cependant des contacts avec ceux-ci (qui en sont grands consommateurs) du fait que les Palmiers (Elaeis guineensis Jacq.) producteurs se trouvent dans les zones de forêt colonisées par eux, récemment ou anciennement (§ .ndama).

.mbangà (N : 1/2 = mbangà / bà.mbangà) tabac commercialisé

Nicotiana tabacum L., Solanacée

Il s'agit du tabac sous forme de cigarettes, beaucoup plus rarement de tabac en paquet.

Tech. : gén. (stupéfiant) = toujours obtenues auprès des non Pygmées dans le cadre des relations d'échange ou par achat, les cigarettes sont gardées soigneusement dans les sacoches § .sàwàlà. Elles sont partagées en société, aussi est-on souvent amené à n'en fumer que des portions, soit dans un fume-cigarette de bois ou d'os long de singe (§ .pOlOtì) ou plus simplement dans un morceau de feuille pliée de § .sEtì.

Leur valeur augmente considérablement au fur et à mesure de l'éloignement des centres d'approvisionnement. En pleine forêt; quelques cigarettes peuvent être troquées par un villageois contre un gibier entier.

Quoique globalement moins consomatrices, certaines femmes sont des fumeuses invétérées.

Les cigarettes de tabac brun fort (de la marque “Tumbaco”), importées en fraude du Zaïre, sont très valorisées, considérées comme plus fortes que le chanvre.

na dì-kOta mbangà «Je fume du tabac»
A présent, les cigarettes "blondes" à bout filtre sont les seules consommées.


06 Partage d'eau entre enfants
Sous le contrôle de leur mère Wawa, les enfants se partagent un gobelet d'eau, les plus petits avant les plus grands.

Extrait de l'Encyclopédie des Pygmées Aka Ed. SELAF-Peeters
máì (N : 8 = máì)
 1. liquide, eau (potable)

L'eau est la boisson usuelle des Aka, comme un support de cuisson essentiel (et quotidien) (§ sìp-). Ordinairement l'eau provient de la source des ruisseaux (§ .sókò5) ou de leur cours s'ils sont propres et limpides — d'ailleurs on cherche toujours à établir le campement à proximité d'un “marigot”. Le lieu de puisage de l'eau potable est toujours situé en amont des lieux de toilette et de lessive.

Cependant, dans certaines régions inondables ou marécageuses, en saison sèche, il est nécessaire d'atteindre en profondeur la nappe phréatique grâce à des trous (§ .dìbà). On recueille aussi les eaux de pluie (§ .mbóá) dans un tronc tombé de parasolier creusé en auge (§ .kòmbò). Ici encore, le trou servant à l'eau de boisson est distinct de la mare limitrophe servant à la toilette.

Pourtant le moyen le plus usuel de remplacer une source consiste à recueillir la sève de végétaux particuliers, celle des arbres § .ngàtá et § .kòmbò (Moracées) que l'on fait couler par leurs racines-échasses (§ .kúmà) ou par des entailles en arêtes de poisson à la base du tronc, mais c'est surtout la sève de lianes-à-eau (§ .nzàmbí) qui s'écoule de tronçons que l'on coupe. C'est ce dernier procédé que l'on emploie pour se désaltérer pendant les sorties en forêt.

 â kùká mò.nzàmbí bè.kúdú, bè.kúdú, bè.kúdú; bâ bOsá máì-mEnÉ, bâ núà

«Ils coupent la liane-outre en morceaux; ils prennent cette eau et s'en désaltèrent» (14.638, 640)

nà mbE-núákâ mÉ kà-ngá-máì-má

«Je ne veux boire que cette eau-là» (14.70)

ná gE máì-má-ngbOkO, ná g`E mò.zàmbí

«Il faut que je prenne de l'eau de liane en coupant la liane-outre» (14.635)

á bùàsá kÉnzÉ mú-tà-máì

«Il prend du sable dans l'eau» {Bay}(QIL 57)

 kàbá y$E máì «Donne-lui de l'eau» {Bay}(QIL 61)

máì-m^EnÉ má-múyá «Cette eau est chaude» {Bay}(QIL 113)

búsÉ WúÉ mbéngó máì «Nous boirons de l'eau» {Bay}(QIL 159)

máì má zE mú-mò.kÉdì

«Il y a de l'eau dans le marigot» {Bay}(QIL 204)

§ .lEkù

2. eau, étendue d'eau, eau courante

> marigot, marécage, rivière

Les nombreux petits cours d'eau peu profonds qui sillonnent la forêt facilitent la progression sous le couvert et sont utilisés comme chemins privilégiés, alors que les rivières constituent plutôt des obstacles. Lorsque l'eau est trop profonde pour être traversée à gué, un arbre est abattu en travers de la rivière pour assurer le passage d'une rive à l'autre. Parfois, une liane est tendue à hauteur de main pour faciliter l'équilibre, mais le plus souvent, on franchit ce pont improvisé sans garde-fou.

Les marécages, nombreux dans l'interfluve Sangha-Oubangui, sont des réserves poissonneuses intéressantes, mais aussi des lieux de collecte importants (Raphia, champignons…) qui justifient des expéditions collectives. Cependant la progression dans les marais est souvent dangereuse et femmes et enfants s'y hasardent moins volontiers que les hommes. Si l'on y exerce certaines activités, on ne franchit généralement pas les zones marécageuses, on les contourne.

Traditionnellement les Aka n'utilisent aucun type d'embarcation permettant d'utiliser les voies navigables. Seuls ceux qui sont alliés aux riverains de l'Oubangui ont depuis quelques années commencé à construire de petites pirogues pour leur usage personnel : elles leur permettent surtout d'avoir accès aux îles du milieu du fleuve qui sont des réserves giboyeuses, plutôt que de pratiquer la pêche au fleuve, comme leurs commensaux villageois.

bá kànánÉ mè.nd&Emb`E ó-tùtù-yà-máì mà.sú mà.sátò

«Elles ont mis le manioc à tremper dans l'eau pendant trois jours»

 bâ dòá-má m`Ok`Om`Ok`O ó-tùtù-yà-máì ng^O.nÉ ó-bè.kpànì ng$o-tô «Ils vont aller l'après-midi dans les marécages là-bas, sur les petites termitières» (12.88)

OvE tí-gúíÉ ó-tùtù-yà-ngá-máì, má gúíánÉ nà-kô nà-kô (12.243)

«Ce n'est pas toi qui entre dans ce marécage, il est bien trop profond»

 ínábO dòánÉ vùù, kùká mòEí-máì

«Allons ensemble, vite, traverser au milieu du cours d'eau» (10.14)

à kàná è.sòngà mú-máì

«Il jette une nasse dans la rivière» {Bay}(QIL 62)

var. .kEdì {Bay} // ƒ .kélèdì

3. eau, saison des pluies > année
Dans le vécu quotidien, on n'est pas souvent amené à décompter le temps en années. Dans la plupart des cas, il est fait référence à un événement marquant pour situer une année dans le passé, lorsqu'on cherche à déterminer l'âge de quelqu'un par exemple. Cela se fait aussi par rapport aux naissances ou aux décès qui se sont produits dans les mêmes temps que celui que l'on veut situer.
La division du temps en années se fait aussi bien par référence à la saison des pluies qu'à la saison sèche (§ sèvò), généralement en fonction de la saison dans laquelle on se trouve au moment où cette indication temporelle est énoncée.
máì-má-mbúsà «l'année prochaine»
bà.máì-bá-mbúsà «les années prochaines»
? DÉnom. : phytonyme = donne son nom à un champignon § .máímàì.
4. eau, liquide intérieur des êtres
Etant donné son caractère vital, l'eau est pourvue d'une forte charge symbolique “liquide de vie”.
mOì-OvÉ nà-máì-míké «Tu as le ventre plein d'eau» {Bay} (QIL 18)
sève
máì-má-mòlé «la sève de l'arbre»
(sauf les latex, résines… qui portent des noms spécifiques)
sperme (liquide du mâle) > désir
 máì-mámù tálâ mÉ mòè «Le désir me brûle le ventre»
// l'8÷eau | 8ma / (A)-regarde÷A. / à moi / le3÷ventre // (Ch. 3.3)
à dìvá máì-mámù «Elle a reçu mon eau (sperme)» = «Elle est enceinte de mes œuvres» (Ch 3.11)
nà bòlá máì-mámù «J'ai éjaculé»
// je / (A)-ai versé÷A. / l'8÷eau | 8ma // (Ch 3.28)
máì-má-ból`O «de l'eau froide» M «du sperme stérile» (Ch 9.1)
var. .mb`Olî
liquide amniotique, eaux
máì-má-dì.bùmù «le liquide amniotique» / l'8÷eau | 8de | la7÷grossesse /
lait
? máì-má-dì.b^ElÉ «le lait» / l'8÷eau | 8de | le7÷sein /
bile
máì-má-è.nòngè «la bile» / l'8÷eau | 8de | la5÷vésicule biliaire /
© 5. liquide (non solide)
?bò.tálè-nà-máì «coulée, fer fondu» / le9÷fer | avec † l'8÷eau /
© 6. chant (sp.) de type § .ómbè
(cf. Anthologie de la musique aka, CD II, pl. 3)
syn .ndùdà
(N : 2 = bà.máì)
eaux (rivières, cours d'eau; saisons des pluies, années)
Le terme maì (cl. 8) relève d'un genre unique, lorsqu'il est employé comme collectif indénombrable (liquide), dont la classe transcende l'opposition de nombre. Cependant, lorsqu'il représente des entités plus concrètes, devenant dénombrables, il subit une dérivation par changement de classe nominale, où l'emploi de la classe 2 (pluriel de l'individualisant dénombrable), lui confère ces qualités qui se réfèrent alors à des ensembles dont l'eau est le constituant, mais non l'identité.
(N : 4 = máì)
eau (spécifique)
 Bien que la classe 4 représente normalement le pluriel (ou le non singulier) d'une entité particularisée et dénombrable, l'usage qui en est fait avec maì (perceptible seulement par le phénomène d'accord : maì-mè.kElElE “la/les petite(s) quantité(s) d'eau”), met l'accent sur la spécificité de l'entité envisagée : une part, une occurrence unique, une relation individuelle… et non sur une pluralité de l'objet.


07 toilette d'un petit garçon à la rivière
Passage d'un groupe de retour de déplacement et toilette du fils aîné de Bassin Joseph, âgé de 3-4 ans par sa mère Mboli.


08 passage de la rivière au retour de la cueillette 
Passage de la rivière au retour d'une partie de cueillette.
Noter les différents types de portage des enfants.


09 jeu d'enfant : pêche par écopage à la rivière
Les enfants attrappent quelques minuscules poissons à la rivière qui seront grillés et consommés en en-cas.


10 fabrication de cordelette
Extrait de l'Encyclopédie des Pygmées Aka Ed. SELAF-Peeters
tum- (V) filer, corder (la filasse)
On fabrique la ficelle en roulant les fibres sur la cuisse, généralement enduite de cendres, avec la paume de la main, également frottée de cendres, en deux tortis qui sont au fur et à mesure retordus ensemble. Pour rendre la ficelle plus solide, on utilise parfois le latex d'une liane à caoutchouc qui fixe le roulage des fibres. La principale plante fournissant la filasse est la liane Manniophyton fulvum Müll. Arg. (Euphorbiacée), § .kosa.
La fabrication de la ficelle (§ .mbà) est une occupation des périodes oisives et sédentaires, mais surtout des vieillards (§ .kòt&o) dont la participation aux activités de collecte et de chasse est diminuée sinon interrompue et qui, de cette façon, apportent cependant une contribution non négligeable à l'économie du groupe. C'est aussi pour eux un moyen de continuer à bénéficier des activités de chasse auxquelles ils ne participent plus, puisque le propriétaire de l'engin qui a pris le gibier – ici le filet (§ .kìà) pour lequel ils fabriquent la corde – est aussi l'acquéreur de l'animal capturé (voir dans SB, Ethnoécologie, les règles de partage du gibier, Livre I-1).
?nâ tum&a mò.mbà nà-bò.kìà «Je corde la ficelle pour le filet»
syn § wOs-, was- // ƒ .mbà
11 pilage de feuilles de manioc
zàbukà (N : 1/2 = zàbukà / bà.zàbukà) {Bg}
1. feuille de manioc
syn .sàbùkà // var .zàbu {Mga}
Acq. - cueillette-échange = les Aka ne cultivent pas ou depuis peu le manioc; ils se procurent les jeunes uilles soit par l'échange, soit par la cueillette dans les champs en jachère où repoussent des pieds de manioc.
Alim. - base (accompagnement > brèdes, légumes verts) = afin de les ramollir et d'en faire disparaître l'amertume éventuelle, les feuilles de manioc sont d'abord frottées à sec sur le fond brûlant de la marmite posée sur un feu vif; cette opération joue également un rôle utile par rapport aux produits toxiques, à savoir les dérivés cyanogéniques, de cette plante; une fois l'opération terminée, les feuilles sont abondamment aspergées d'eau, puis mises à cuire avec les différents ingrédients de la préparation (sel, huile de palme, champignons, viande ou chenilles).
2. purée de feuilles de manioc
Pour ceux qui vivent à proximité de plantations de manioc villageoises, la purée de feuilles est un aliment courant qui, lorsqu'il est préparé trop souvent, est déprécié, parce qu'il indique un déficit de produits de cueillette et de chasse.
CrÉd. - écol. = une consommation excessive de feuilles de manioc provoque la maladie de la rate, § .eb`a;
- interdit (alimentaire) = ceux qui souffrent de la maladie de la rate doivent s'en abstenir.
• zàbukà-muke «beaucoup de purée de feuilles de manioc»
= jàBùkà “purée de feuilles de manioc”
Tech. - production (apicollecte) = si on ne dispose pas de feu pour enfumer les abeilles, on peut utiliser des feuilles de manioc écrasées et souffler dessus à l'entrée de la ruche, pour asphyxier les abeilles.
CRÉD. - interdit (alimentaire) = celui qui est atteint du mal de poitrine, § .mbànz&i, ou de maux de rate ne peut consommer les feuilles de manioc;
- (comportemental) = si un enfant a l'interdit de l'Hylochère § .bEyà, sa mère ne doit pas cueillir des feuilles de manioc, de même s'il a une maladie de la fontanelle, bò.kOnO-boa-mò.sokò.
• mbokà vâ ngo-sàbùkà «Ici au village, il n'y a que des feuilles de manioc (à manger)»
• ba nga-sìpE nà-bà.sàbùkà «On pourra le faire cuire avec des feuilles de manioc»
syn .zàbu // var .zàbukà {Bg} // § .bumà // = ng .sàbùkà (Ø-dì/Ø-ì) / = b jàbùkà / = ngb sa


12 soufflage d'une saleté dans l'oeil d'un enfant

13 extraction de puces-chique des pieds de Mongay
Extraction de puces-chique des pieds de Mongay par sa mère Mambi, aidée de sa co-épouse Koti.
Extrait de l'Encyclopédie des Pygmées Aka Ed SELAF-Peeters
pìàmò (N : 3/4 = mò.pìàmò / mè.pìàmò) {Bg}  douleur, souffrance
La douleur et la souffrance sont omniprésentes dans ces sociétés où les blessures sont quotidiennes, où les insectes et ectoparasites “piquants” sont très nombreux et où les complexes pathogènes – particulièrement meurtriers – combinent pathologies autochtones et cosmopolites. Les rites de passage, les techniques thérapeutiques curatives et thérapeutiques “traditionnelles” comportent quasi-systématiquement une composante “douleur provoquée” importante. Le nourrisson, pour diverses maladies liées au concept d'interdit, § .kìlà, est balancé au-dessus de brandons attisés, recouverts de feuilles thérapeutiques et asphyxié par des vapeurs douloureuses. Le petit enfant, dès la marche, apprend rapidement la douleur transfixiante de l'extraction de la puce-chique insérée dans sa chair. On ne grandit pas dans cette société, sans être circoncis pour les garçons, sans avoir les incisives supérieures taillées, la cloison nasale, les lobes des oreilles, autrefois la lèvre supérieure percés. Le corps est aussi régulièrement souligné de nouveaux tatouages et cicatrices à visée esthétique.
À l'occasion de maladies diverses, dès le plus jeune âge, on subit des applications de produits caustiques sur des scarifications superficielles pratiquées au rasoir en regard de la zone douloureuse ou de la zone d'expression cutanée de la pathologie interne (tempes, région précordiale, hypochondre gauche…) : ces incisions infimes, souvent sanglantes, sont vécues très douloureusement, en ce temps de fragilisation de la mère et de l'enfant, provoqué par la maladie. Chez les enfants, et a fortiori chez les adultes, la peau est le dossier médical sur lequel les experts savent lire l'histoire des maux et maladies qu'a subis la personne. 
Les soins des guérisseurs sont souvent douloureux : un peu comme s'ils voulaient étouffer les douleurs pathologiques en en provoquant de nouvelles; un processus de “contre-feu” qui agirait sur la souffrance et l'angoisse du patient et de son entourage.
Ainsi, l'expression de la douleur est culturellement construite, pouvant amener un gaillard qui supporte stoïquement une plaie monstrueuse à fondre en larmes lors du franchissement transcutané d’une aiguille médicale, ou lors d'une scarification dermique débutant un rituel d'extraction symbolique du mal.


14 jeu d'enfants avec un souriceau
Wawa joue précautionneusement avec un souriceau sous le regard des autres enfants


15 jeu d'enfants de tir à la corde
Jeu de tir à la corde entre petits enfants


16 scarifications tatouages esthétiques
Séance de scarifications tatouage esthétiques entre femmes, sur un fond de harpe joué par Mbonga.

Extrait de l'Encyclopédie des Pygmées Aka Ed SELAF-Peeters
.mbadi (N : 5b/8 = mbadi / mà.mbadi)

1.incision, scarification (thérapeutique)

Un des procédés thérapeutiques (préventif ou curatif) les plus usuels (§ .boi) consiste à pratiquer sur la peau de la partie douloureuse de multiples petites incisions fines et rapprochées, puis de les frotter d'une pommade remède § .mbili, à base de poudres mélangées à un excipient (beurre de palme ou pâte de bois rouge).

syn. § .mbili // ƒ .boi

2. incision de tatouage, tatouage en relief

Au fur et à mesure des années et des événements vécus, le corps se couvre de cicatrices de scarifications-tatouages thérapeutiques mais aussi esthétiques.

Le pourtour du visage, les bras, le haut de l'épaule, l'abdomen sont ainsi soulignés, sculptés, redéfinis. Ces scarifications-tatouages esthétiques sont réalisées entre amis, parents, souvent lors du rassemblement des campements et à l'occasion d'épisodes amoureux. S'estompant rapidement, elles sont régulièrement refaites, complétées 

Les scarifications-tatouages, qu'elles soient à des fins thérapeutiques ou esthétiques, permettent d'inscrire sur la surface du corps de l'individu l'empreinte du corps social. Elles constituent aussi une mémoire, tantôt individuelle tantôt collective, des événements vécus, heureux et malheureux. Certaines marques, au-delà du statut qu'elles signifient, sont propres à des groupes, voire des lignages et perpétuent le souvenir de rencontres ou d'alliances entre groupes.

La taille des dents, le percement de la cloison nasale, de la lèvre supérieure, des lobes d'oreille, la circoncision, les mutilations “involontaires” des pieds par les puces-chiques, les scarifications-tatouages renvoient à la construction d'une image du corps, spécifique de la civilisation aka avec, au-delà, des variantes propres à chaque individu, des modes et des traditions.

syn. .tElE {Bg-Ka}, § .ndOngO

3. incision, barbelure (d'une flèche)

mà.mbadi-ma-mò.mbànzà “les barbelures (incisions à bord soulevé) de la flèche (= support à poison)”

4. ligature (d'une vannerie)

mbadi-yà-mò.lEkE “la ligature du piège”, faite en § .langà.

§§ .kOdi, bènda, .pata, .ngànzò

 .mbili (N : 3/4 = mò.mbili / mè.mbili) I

poudre-remède, pommade-remède (spécifique)

Il s'agit de la poudre ou de la pommade-remède spécifiquement utilisée pour une maladie particulière. Lorsqu'il s'agit d'un remède se présentant sous cette forme, mais en général, le genre employé est 5b/8.

(N : 5b/8 = mbili / mà.mbili) I

© 1. poudre-remède, pommade-remède

Le remède est constitué de poudres diverses, celles-ci étant mélangées à du beurre de palme, issu des amandes, pour faire la pommade. Les poudres sont faites le plus souvent de plantes calcinées ou séchées au feu et pilées, quelquefois de fragments d'os ou de peaux d'animaux, carbonisés, puis réduits en poudre. Ces mixtures complexes sont utilisées par les devins-guérisseurs et leur composition est généralement inconnue du tout-venant.

On appelle également .mbili le mélange de suie de marmite et d'exsudat de pile, employé de nos jours pour des scarifications esthétiques.

3. scarifications enduites de poudre-remède

Actuellement, on pratique deux sortes de scarifications, esthétiques et thérapeutiques. Les scarifications thérapeutiques sont faites en regard de la projection cutanée de la douleur interne. Leur place peut être précisément indiquée par le devin-guérisseur qui prépare le remède à scarifier. Pour ces scarifications, c'est le .mbili végétal ou animal qui est employé. Lorsqu'il s'agit de scarifications esthétiques le .mbili suie-exsudat de pile est d'abord utilisé pour dessiner des motifs sur le corps. Ils sont ensuite scarifiés, puis encore recouverts de ce mélange caustique (cf. Video AE, Femme pays). Des feuilles de §§ .ndèmbe (Rothmannia whitfieldii, Rubiacée), .tòmatò (Solanum lycopersicum et S. spp., Solanacées) servent de liant à cette préparation ou d'émollient si elle est trop sèche. Ces plantes (dont la tomate, introduite, et d'autres Solanées cultivées d'origine villageoise) donnent une teinture noire utilisée aussi pour les tatouages à l'aiguille ou au rasoir et les peintures corporelles provisoires.



17 baiser d'une mère à un petit enfant
Mosala embrasse sa petite dernière tout en chantant.
18 scarification préventive 
Jean-Marie explique les grandes régions du corps et les maladies correspondantes, puis scarifie son épouse avec un remède donné par ses beaux-parents qui lui ont pardonné le rapt de celle-ci .

Chronique aka 1993, Motonga : Préparation de la poudre de bois rouge par Mowo

Alain EPELBOIN

02min59

Préparation de la poudre de bois rouge par Mowo
Motonga décembre 1993, Mongoumba RCA
© 2007 A. Epelboin, SMM CNRS/MNHN Paris



Mowo prépare de la poudre de bois rouge "ngole" (utilisée come peinture ou comme ingrédient de remèdes).

Elle entonne un chant ngole relatif à cette poudre rouge repris par ses compagnes parentes, qui rythme son travail.