Documents pour «Russie»

Ames en stock Cold souls

De Sophie Barthes

1h37min04

Paul Giamatti, célèbre acteur américain, est en pleine crise existentielle. Il se cherche, peinant même à trouver le ton juste lors des répétitions de sa prochaine pièce, "Oncle Vania" de Tchekhov. Il entend alors parler de la "Banque des Ames", laboratoire privé proposant un service des plus intrigants : soulager les patients de leur âme. Séduit, il décide de procéder à l'ablation de son âme. S'en suivent des réactions en chaîne dont il n'imaginait pas l'ampleur...

Le dernier voyage de Tanya Ovsyanki

De Aleskei Fedorchenko

1h14min06

A la mort de son épouse Tanya, Miron aspire à un dernier voyage avec sa bien-aimée respectant le rituel des Méria, une ancienne tribu russe dont les traditions perdurent. Accompagné de son meilleur ami Aist, ils sillonnent la Russie. Comme le veut la coutume, Miron partage avec son ami les souvenirs les plus intimes de sa vie conjugale. Mais au bord du lac sacré sur les berges duquel ils font leurs adieux à Tanya, Miron se rend compte qu'il n'était pas le seul à l’aimer...

Turquie et Russie

Seyfettin GÜRSEL

38min38

Seyfettin Gürsel
Turquie et Russie
19 février 2009

Faute d'amour Nelyubov

De Andrey Zvyagintsev

2h01min46

Boris et Genia sont en train de divorcer. Ils se disputent sans cesse et enchaînent les visites de leur appartement en vue de le vendre. Ils préparent déjà leur avenir respectif : Boris est en couple avec une jeune femme enceinte et Genia fréquente un homme aisé qui semble prêt à l’épouser... Aucun des deux ne semble avoir d'intérêt pour Aliocha, leur fils de 12 ans. Jusqu'à ce qu'il disparaisse.

La culture enfantine en URSS, 1917-1941 : objets, lieux et pratiques - Transferts culturels, transferts visuels

Valérie Pozner

2h48min23

Au début du xxe siècle, l’enfant devient un
important sujet d’étude scientifique et la question de son
éducation devient centrale pour les organismes publics aussi bien en
Europe qu’aux États-Unis. La Russie ne fait pas exception à
ce mouvement. Et dès leur arrivée au pouvoir, les Bolcheviks se
donnent pour mission de prendre en charge une population enfantine toujours
plus large et diversifiée : des enfants délinquants et
abandonnés qui constituent l’un des grands problèmes de
l’État-providence dans les années 1920 aux enfants de
paysans à éduquer dans les campagnes difficilement accessibles et
qui arrivent en masse dans les zones urbaines à la suite de la
collectivisation, en passant par les enfants non-Russes vivant dans en
Russie et dans les Républiques. Les Bolcheviks ambitionnent de
créer une culture spécifiquement soviétique à
destination des enfants. Cette volonté s’exprime notamment dans
l’abondant discours qui se développe autour de la
littérature enfantine. Mais, outre la culture littéraire et
textuelle, sont aussi concernées les cultures musicale,
matérielle (avec les jouets notamment), visuelle (illustration,
affiches, imagerie murale fixe et mobile) et spectaculaire (cinéma,
théâtre d’ombres et de marionnettes).
Notre projet entend se concentrer sur l’étude de ces objets
culturels et les analyser dans leurs conditions de création, de
diffusion, de réception et d’appropriation. Il s’agit de
comprendre ces objets créés par les adultes pour les enfants,
dans leurs dimensions pratiques et réflexives. Plus largement, nous
considérons l’enfant comme un lecteur, spectateur, auditeur et
aussi comme un acteur qui non seulement s’approprie les objets mis
à sa portée mais crée aussi ses propres objets. Nous
souhaitons ainsi analyser la façon dont les enfants
s’approprient les biens culturels mis à leur disposition, les
créations des enfants eux-mêmes et la façon dont les
adultes, à leur tour, considèrent ces appropriations et ces
créations.

Nous définirons et confronterons ainsi les projets (politique,
éducatif et artistique), les formes des objets, leurs modes de
médiation, les méthodes et les pratiques pédagogiques.



Nous serons amenés à préciser les spécificités
d’une culture enfantine soviétique, ainsi que les
représentations, implicites ou théorisées, de l’enfant
que se forge une société en termes d’âges, de
catégories sociales, de genre, d’origines ethniques. Enfin, nous
interrogerons les fonctions de ces objets et les manières dont ils
accomplissent leur travail idéologique et façonnent leur
destinataire sur les plans cognitif et éducatif.

La réflexion collective se développera autour de plusieurs
questions, parmi lesquelles : Comment interviennent différents
acteurs et différentes professions dans l’élaboration de
ces objets ? Quels sont les principaux débats autour de leur
conception et comment ces réflexions s’articulent-elles avec la
création de ces objets ? Quelle est la part des transferts
culturels dans la forme même de ces objets ? Dans quels lieux et
quels contextes ces objets sont-ils diffusés (école,
bibliothèque, organisations parascolaires, cadre familial,
etc.) ? Comment sont-ils utilisés et par qui ? Que nous
apprennent les formes de ces objets sur leurs auteurs et leurs
destinataires ?
L’étude des objets culturels se situant à la croisée
de l’histoire politique, sociale, culturelle, de l’histoire des
arts, des sciences et de l’éducation mais aussi de
l’anthropologie, ce projet a vocation à réunir des
spécialistes de différentes disciplines dans l’optique
d’un travail à la fois pluridisciplinaire et interdisciplinaire.
Nous porterons une attention particulière à l’histoire
transnationale et aux circulations des personnes, objets et concepts, afin
de comprendre la situation russe et soviétique dans ses connexions
avec d’autres formes de régime et d’autres mouvements
historiques comme par exemple l’avènement des sociétés
de loisirs et de consommation. Enfin, ce projet vise à interroger de
façon nuancée les ruptures et continuités traditionnellement
élaborées par l’historiographie entre le passé
impérial et le régime soviétique d’une part et,
d’autre part, entre les années 1920 et le début de la
période stalinienne, comme en témoigne le choix de ses bornes
chronologiques.









At the beginning of the XXth century, the child became an important subject for scientific study and the question of his/her education became central for public organizations in both Europe and the United States. Russia was no exception to this movement. After they came to power, the Bolsheviks set out to take charge of an ever larger and diverse child population including delinquent and abandoned children, as well as non-Russian children living in Russia and the Republics, and children of peasants. The Bolsheviks aimed to create a specific Soviet culture for children. This ambition was expressed in the discourse on children's literature. In addition to literary and textual culture, this project also pertained to musical, visual and material (e.g. toys) cultures, which are now less well-known fields.



Our project aims to focus on the study of these cultural objects and to analyze them in their conditions of creation, diffusion, reception and appropriation. We want to understand these objects, created by adults for children, in their practical and reflexive aspects. More broadly, we consider the child as a reader, spectator, listener, but also as an actor that was both a user and a creator of these objects. In this way, we want to analyze how children engaged with the cultural products made available to them and the creations of the children themselves. In turn, we will analyze how adults viewed these objects and choices.



We will define and compare the political, educational and artistic projects, the forms of objects, their modes of mediation, pedagogical methods and practices.



We will thus identify the specificities of a Soviet child's culture, as well as the implicit or theorized representations of the child that a society shapes with regard to age, class, gender, ethnic origins. Finally, we will examine the functions of these objects and the ways in which they carry out their ideological work and shape their recipients on the cognitive and educational levels.



This collective project will tackle several questions: How did different actors and professions interact to create these objects? What were the main debates on their conception and how did these theoretical considerations fit with the creation of these objects? What was the place of cultural transfers in shaping these objects? In what places and contexts were these objects disseminated (school, library, youth organizations, family environment, etc.)? How were they used and by whom? What do the forms of these objects tell us about their authors and their recipients?



The study of cultural objects is at the crossroads of political, social, cultural, art, science and education histories but also of anthropology. This project seeks to bring together specialists from different disciplines and encourage a multidisciplinary and interdisciplinary approach. We will also pay particular attention to the trans-national history and the circulation of people, objects and concepts. This context brings insights to the Russian and Soviet situation in its connection with other regimes and historical changes, such as the advent of leisure and consumer societies. Finally, this project will examine, in a nuanced way, the ruptures and continuities traditionally elaborated by historiography between the Imperial past and the Soviet regime on the one hand, and the 1920s and the beginning of Stalinism on the other, as shown by the choice of its chronological boundaries.

La culture enfantine en URSS, 1917-1941 : objets, lieux et pratiques - De l'enfant-auteur à l'enfant-destinataire des images

Andy BYFORD

2h04min45

Au début du xxe siècle, l’enfant devient un
important sujet d’étude scientifique et la question de son
éducation devient centrale pour les organismes publics aussi bien en
Europe qu’aux États-Unis. La Russie ne fait pas exception à
ce mouvement. Et dès leur arrivée au pouvoir, les Bolcheviks se
donnent pour mission de prendre en charge une population enfantine toujours
plus large et diversifiée : des enfants délinquants et
abandonnés qui constituent l’un des grands problèmes de
l’État-providence dans les années 1920 aux enfants de
paysans à éduquer dans les campagnes difficilement accessibles et
qui arrivent en masse dans les zones urbaines à la suite de la
collectivisation, en passant par les enfants non-Russes vivant dans en
Russie et dans les Républiques. Les Bolcheviks ambitionnent de
créer une culture spécifiquement soviétique à
destination des enfants. Cette volonté s’exprime notamment dans
l’abondant discours qui se développe autour de la
littérature enfantine. Mais, outre la culture littéraire et
textuelle, sont aussi concernées les cultures musicale,
matérielle (avec les jouets notamment), visuelle (illustration,
affiches, imagerie murale fixe et mobile) et spectaculaire (cinéma,
théâtre d’ombres et de marionnettes).
Notre projet entend se concentrer sur l’étude de ces objets
culturels et les analyser dans leurs conditions de création, de
diffusion, de réception et d’appropriation. Il s’agit de
comprendre ces objets créés par les adultes pour les enfants,
dans leurs dimensions pratiques et réflexives. Plus largement, nous
considérons l’enfant comme un lecteur, spectateur, auditeur et
aussi comme un acteur qui non seulement s’approprie les objets mis
à sa portée mais crée aussi ses propres objets. Nous
souhaitons ainsi analyser la façon dont les enfants
s’approprient les biens culturels mis à leur disposition, les
créations des enfants eux-mêmes et la façon dont les
adultes, à leur tour, considèrent ces appropriations et ces
créations.

Nous définirons et confronterons ainsi les projets (politique,
éducatif et artistique), les formes des objets, leurs modes de
médiation, les méthodes et les pratiques pédagogiques.



Nous serons amenés à préciser les spécificités
d’une culture enfantine soviétique, ainsi que les
représentations, implicites ou théorisées, de l’enfant
que se forge une société en termes d’âges, de
catégories sociales, de genre, d’origines ethniques. Enfin, nous
interrogerons les fonctions de ces objets et les manières dont ils
accomplissent leur travail idéologique et façonnent leur
destinataire sur les plans cognitif et éducatif.

La réflexion collective se développera autour de plusieurs
questions, parmi lesquelles : Comment interviennent différents
acteurs et différentes professions dans l’élaboration de
ces objets ? Quels sont les principaux débats autour de leur
conception et comment ces réflexions s’articulent-elles avec la
création de ces objets ? Quelle est la part des transferts
culturels dans la forme même de ces objets ? Dans quels lieux et
quels contextes ces objets sont-ils diffusés (école,
bibliothèque, organisations parascolaires, cadre familial,
etc.) ? Comment sont-ils utilisés et par qui ? Que nous
apprennent les formes de ces objets sur leurs auteurs et leurs
destinataires ?
L’étude des objets culturels se situant à la croisée
de l’histoire politique, sociale, culturelle, de l’histoire des
arts, des sciences et de l’éducation mais aussi de
l’anthropologie, ce projet a vocation à réunir des
spécialistes de différentes disciplines dans l’optique
d’un travail à la fois pluridisciplinaire et interdisciplinaire.
Nous porterons une attention particulière à l’histoire
transnationale et aux circulations des personnes, objets et concepts, afin
de comprendre la situation russe et soviétique dans ses connexions
avec d’autres formes de régime et d’autres mouvements
historiques comme par exemple l’avènement des sociétés
de loisirs et de consommation. Enfin, ce projet vise à interroger de
façon nuancée les ruptures et continuités traditionnellement
élaborées par l’historiographie entre le passé
impérial et le régime soviétique d’une part et,
d’autre part, entre les années 1920 et le début de la
période stalinienne, comme en témoigne le choix de ses bornes
chronologiques.









At the beginning of the XXth century, the child became an important subject for scientific study and the question of his/her education became central for public organizations in both Europe and the United States. Russia was no exception to this movement. After they came to power, the Bolsheviks set out to take charge of an ever larger and diverse child population including delinquent and abandoned children, as well as non-Russian children living in Russia and the Republics, and children of peasants. The Bolsheviks aimed to create a specific Soviet culture for children. This ambition was expressed in the discourse on children's literature. In addition to literary and textual culture, this project also pertained to musical, visual and material (e.g. toys) cultures, which are now less well-known fields.



Our project aims to focus on the study of these cultural objects and to analyze them in their conditions of creation, diffusion, reception and appropriation. We want to understand these objects, created by adults for children, in their practical and reflexive aspects. More broadly, we consider the child as a reader, spectator, listener, but also as an actor that was both a user and a creator of these objects. In this way, we want to analyze how children engaged with the cultural products made available to them and the creations of the children themselves. In turn, we will analyze how adults viewed these objects and choices.



We will define and compare the political, educational and artistic projects, the forms of objects, their modes of mediation, pedagogical methods and practices.



We will thus identify the specificities of a Soviet child's culture, as well as the implicit or theorized representations of the child that a society shapes with regard to age, class, gender, ethnic origins. Finally, we will examine the functions of these objects and the ways in which they carry out their ideological work and shape their recipients on the cognitive and educational levels.



This collective project will tackle several questions: How did different actors and professions interact to create these objects? What were the main debates on their conception and how did these theoretical considerations fit with the creation of these objects? What was the place of cultural transfers in shaping these objects? In what places and contexts were these objects disseminated (school, library, youth organizations, family environment, etc.)? How were they used and by whom? What do the forms of these objects tell us about their authors and their recipients?



The study of cultural objects is at the crossroads of political, social, cultural, art, science and education histories but also of anthropology. This project seeks to bring together specialists from different disciplines and encourage a multidisciplinary and interdisciplinary approach. We will also pay particular attention to the trans-national history and the circulation of people, objects and concepts. This context brings insights to the Russian and Soviet situation in its connection with other regimes and historical changes, such as the advent of leisure and consumer societies. Finally, this project will examine, in a nuanced way, the ruptures and continuities traditionally elaborated by historiography between the Imperial past and the Soviet regime on the one hand, and the 1920s and the beginning of Stalinism on the other, as shown by the choice of its chronological boundaries.

La culture enfantine en URSS, 1917-1941 : objets, lieux et pratiques - Lieux, objets et méthodes d'apprentissage

Kirill MASLINSKII

1h58min19

Au début du xxe siècle, l’enfant devient un
important sujet d’étude scientifique et la question de son
éducation devient centrale pour les organismes publics aussi bien en
Europe qu’aux États-Unis. La Russie ne fait pas exception à
ce mouvement. Et dès leur arrivée au pouvoir, les Bolcheviks se
donnent pour mission de prendre en charge une population enfantine toujours
plus large et diversifiée : des enfants délinquants et
abandonnés qui constituent l’un des grands problèmes de
l’État-providence dans les années 1920 aux enfants de
paysans à éduquer dans les campagnes difficilement accessibles et
qui arrivent en masse dans les zones urbaines à la suite de la
collectivisation, en passant par les enfants non-Russes vivant dans en
Russie et dans les Républiques. Les Bolcheviks ambitionnent de
créer une culture spécifiquement soviétique à
destination des enfants. Cette volonté s’exprime notamment dans
l’abondant discours qui se développe autour de la
littérature enfantine. Mais, outre la culture littéraire et
textuelle, sont aussi concernées les cultures musicale,
matérielle (avec les jouets notamment), visuelle (illustration,
affiches, imagerie murale fixe et mobile) et spectaculaire (cinéma,
théâtre d’ombres et de marionnettes).
Notre projet entend se concentrer sur l’étude de ces objets
culturels et les analyser dans leurs conditions de création, de
diffusion, de réception et d’appropriation. Il s’agit de
comprendre ces objets créés par les adultes pour les enfants,
dans leurs dimensions pratiques et réflexives. Plus largement, nous
considérons l’enfant comme un lecteur, spectateur, auditeur et
aussi comme un acteur qui non seulement s’approprie les objets mis
à sa portée mais crée aussi ses propres objets. Nous
souhaitons ainsi analyser la façon dont les enfants
s’approprient les biens culturels mis à leur disposition, les
créations des enfants eux-mêmes et la façon dont les
adultes, à leur tour, considèrent ces appropriations et ces
créations.

Nous définirons et confronterons ainsi les projets (politique,
éducatif et artistique), les formes des objets, leurs modes de
médiation, les méthodes et les pratiques pédagogiques.



Nous serons amenés à préciser les spécificités
d’une culture enfantine soviétique, ainsi que les
représentations, implicites ou théorisées, de l’enfant
que se forge une société en termes d’âges, de
catégories sociales, de genre, d’origines ethniques. Enfin, nous
interrogerons les fonctions de ces objets et les manières dont ils
accomplissent leur travail idéologique et façonnent leur
destinataire sur les plans cognitif et éducatif.

La réflexion collective se développera autour de plusieurs
questions, parmi lesquelles : Comment interviennent différents
acteurs et différentes professions dans l’élaboration de
ces objets ? Quels sont les principaux débats autour de leur
conception et comment ces réflexions s’articulent-elles avec la
création de ces objets ? Quelle est la part des transferts
culturels dans la forme même de ces objets ? Dans quels lieux et
quels contextes ces objets sont-ils diffusés (école,
bibliothèque, organisations parascolaires, cadre familial,
etc.) ? Comment sont-ils utilisés et par qui ? Que nous
apprennent les formes de ces objets sur leurs auteurs et leurs
destinataires ?
L’étude des objets culturels se situant à la croisée
de l’histoire politique, sociale, culturelle, de l’histoire des
arts, des sciences et de l’éducation mais aussi de
l’anthropologie, ce projet a vocation à réunir des
spécialistes de différentes disciplines dans l’optique
d’un travail à la fois pluridisciplinaire et interdisciplinaire.
Nous porterons une attention particulière à l’histoire
transnationale et aux circulations des personnes, objets et concepts, afin
de comprendre la situation russe et soviétique dans ses connexions
avec d’autres formes de régime et d’autres mouvements
historiques comme par exemple l’avènement des sociétés
de loisirs et de consommation. Enfin, ce projet vise à interroger de
façon nuancée les ruptures et continuités traditionnellement
élaborées par l’historiographie entre le passé
impérial et le régime soviétique d’une part et,
d’autre part, entre les années 1920 et le début de la
période stalinienne, comme en témoigne le choix de ses bornes
chronologiques.









At the beginning of the XXth century, the child became an important subject for scientific study and the question of his/her education became central for public organizations in both Europe and the United States. Russia was no exception to this movement. After they came to power, the Bolsheviks set out to take charge of an ever larger and diverse child population including delinquent and abandoned children, as well as non-Russian children living in Russia and the Republics, and children of peasants. The Bolsheviks aimed to create a specific Soviet culture for children. This ambition was expressed in the discourse on children's literature. In addition to literary and textual culture, this project also pertained to musical, visual and material (e.g. toys) cultures, which are now less well-known fields.



Our project aims to focus on the study of these cultural objects and to analyze them in their conditions of creation, diffusion, reception and appropriation. We want to understand these objects, created by adults for children, in their practical and reflexive aspects. More broadly, we consider the child as a reader, spectator, listener, but also as an actor that was both a user and a creator of these objects. In this way, we want to analyze how children engaged with the cultural products made available to them and the creations of the children themselves. In turn, we will analyze how adults viewed these objects and choices.



We will define and compare the political, educational and artistic projects, the forms of objects, their modes of mediation, pedagogical methods and practices.



We will thus identify the specificities of a Soviet child's culture, as well as the implicit or theorized representations of the child that a society shapes with regard to age, class, gender, ethnic origins. Finally, we will examine the functions of these objects and the ways in which they carry out their ideological work and shape their recipients on the cognitive and educational levels.



This collective project will tackle several questions: How did different actors and professions interact to create these objects? What were the main debates on their conception and how did these theoretical considerations fit with the creation of these objects? What was the place of cultural transfers in shaping these objects? In what places and contexts were these objects disseminated (school, library, youth organizations, family environment, etc.)? How were they used and by whom? What do the forms of these objects tell us about their authors and their recipients?



The study of cultural objects is at the crossroads of political, social, cultural, art, science and education histories but also of anthropology. This project seeks to bring together specialists from different disciplines and encourage a multidisciplinary and interdisciplinary approach. We will also pay particular attention to the trans-national history and the circulation of people, objects and concepts. This context brings insights to the Russian and Soviet situation in its connection with other regimes and historical changes, such as the advent of leisure and consumer societies. Finally, this project will examine, in a nuanced way, the ruptures and continuities traditionally elaborated by historiography between the Imperial past and the Soviet regime on the one hand, and the 1920s and the beginning of Stalinism on the other, as shown by the choice of its chronological boundaries.

La culture enfantine en URSS, 1917-1941 : objets, lieux et pratiques - Ouverture du colloque

Cécile PICHON-BONIN

04min44

Au début du xxe siècle, l’enfant devient un
important sujet d’étude scientifique et la question de son
éducation devient centrale pour les organismes publics aussi bien en
Europe qu’aux États-Unis. La Russie ne fait pas exception à
ce mouvement. Et dès leur arrivée au pouvoir, les Bolcheviks se
donnent pour mission de prendre en charge une population enfantine toujours
plus large et diversifiée : des enfants délinquants et
abandonnés qui constituent l’un des grands problèmes de
l’État-providence dans les années 1920 aux enfants de
paysans à éduquer dans les campagnes difficilement accessibles et
qui arrivent en masse dans les zones urbaines à la suite de la
collectivisation, en passant par les enfants non-Russes vivant dans en
Russie et dans les Républiques. Les Bolcheviks ambitionnent de
créer une culture spécifiquement soviétique à
destination des enfants. Cette volonté s’exprime notamment dans
l’abondant discours qui se développe autour de la
littérature enfantine. Mais, outre la culture littéraire et
textuelle, sont aussi concernées les cultures musicale,
matérielle (avec les jouets notamment), visuelle (illustration,
affiches, imagerie murale fixe et mobile) et spectaculaire (cinéma,
théâtre d’ombres et de marionnettes).
Notre projet entend se concentrer sur l’étude de ces objets
culturels et les analyser dans leurs conditions de création, de
diffusion, de réception et d’appropriation. Il s’agit de
comprendre ces objets créés par les adultes pour les enfants,
dans leurs dimensions pratiques et réflexives. Plus largement, nous
considérons l’enfant comme un lecteur, spectateur, auditeur et
aussi comme un acteur qui non seulement s’approprie les objets mis
à sa portée mais crée aussi ses propres objets. Nous
souhaitons ainsi analyser la façon dont les enfants
s’approprient les biens culturels mis à leur disposition, les
créations des enfants eux-mêmes et la façon dont les
adultes, à leur tour, considèrent ces appropriations et ces
créations.

Nous définirons et confronterons ainsi les projets (politique,
éducatif et artistique), les formes des objets, leurs modes de
médiation, les méthodes et les pratiques pédagogiques.



Nous serons amenés à préciser les spécificités
d’une culture enfantine soviétique, ainsi que les
représentations, implicites ou théorisées, de l’enfant
que se forge une société en termes d’âges, de
catégories sociales, de genre, d’origines ethniques. Enfin, nous
interrogerons les fonctions de ces objets et les manières dont ils
accomplissent leur travail idéologique et façonnent leur
destinataire sur les plans cognitif et éducatif.

La réflexion collective se développera autour de plusieurs
questions, parmi lesquelles : Comment interviennent différents
acteurs et différentes professions dans l’élaboration de
ces objets ? Quels sont les principaux débats autour de leur
conception et comment ces réflexions s’articulent-elles avec la
création de ces objets ? Quelle est la part des transferts
culturels dans la forme même de ces objets ? Dans quels lieux et
quels contextes ces objets sont-ils diffusés (école,
bibliothèque, organisations parascolaires, cadre familial,
etc.) ? Comment sont-ils utilisés et par qui ? Que nous
apprennent les formes de ces objets sur leurs auteurs et leurs
destinataires ?
L’étude des objets culturels se situant à la croisée
de l’histoire politique, sociale, culturelle, de l’histoire des
arts, des sciences et de l’éducation mais aussi de
l’anthropologie, ce projet a vocation à réunir des
spécialistes de différentes disciplines dans l’optique
d’un travail à la fois pluridisciplinaire et interdisciplinaire.
Nous porterons une attention particulière à l’histoire
transnationale et aux circulations des personnes, objets et concepts, afin
de comprendre la situation russe et soviétique dans ses connexions
avec d’autres formes de régime et d’autres mouvements
historiques comme par exemple l’avènement des sociétés
de loisirs et de consommation. Enfin, ce projet vise à interroger de
façon nuancée les ruptures et continuités traditionnellement
élaborées par l’historiographie entre le passé
impérial et le régime soviétique d’une part et,
d’autre part, entre les années 1920 et le début de la
période stalinienne, comme en témoigne le choix de ses bornes
chronologiques.









At the beginning of the XXth century, the child became an important subject for scientific study and the question of his/her education became central for public organizations in both Europe and the United States. Russia was no exception to this movement. After they came to power, the Bolsheviks set out to take charge of an ever larger and diverse child population including delinquent and abandoned children, as well as non-Russian children living in Russia and the Republics, and children of peasants. The Bolsheviks aimed to create a specific Soviet culture for children. This ambition was expressed in the discourse on children's literature. In addition to literary and textual culture, this project also pertained to musical, visual and material (e.g. toys) cultures, which are now less well-known fields.



Our project aims to focus on the study of these cultural objects and to analyze them in their conditions of creation, diffusion, reception and appropriation. We want to understand these objects, created by adults for children, in their practical and reflexive aspects. More broadly, we consider the child as a reader, spectator, listener, but also as an actor that was both a user and a creator of these objects. In this way, we want to analyze how children engaged with the cultural products made available to them and the creations of the children themselves. In turn, we will analyze how adults viewed these objects and choices.



We will define and compare the political, educational and artistic projects, the forms of objects, their modes of mediation, pedagogical methods and practices.



We will thus identify the specificities of a Soviet child's culture, as well as the implicit or theorized representations of the child that a society shapes with regard to age, class, gender, ethnic origins. Finally, we will examine the functions of these objects and the ways in which they carry out their ideological work and shape their recipients on the cognitive and educational levels.



This collective project will tackle several questions: How did different actors and professions interact to create these objects? What were the main debates on their conception and how did these theoretical considerations fit with the creation of these objects? What was the place of cultural transfers in shaping these objects? In what places and contexts were these objects disseminated (school, library, youth organizations, family environment, etc.)? How were they used and by whom? What do the forms of these objects tell us about their authors and their recipients?



The study of cultural objects is at the crossroads of political, social, cultural, art, science and education histories but also of anthropology. This project seeks to bring together specialists from different disciplines and encourage a multidisciplinary and interdisciplinary approach. We will also pay particular attention to the trans-national history and the circulation of people, objects and concepts. This context brings insights to the Russian and Soviet situation in its connection with other regimes and historical changes, such as the advent of leisure and consumer societies. Finally, this project will examine, in a nuanced way, the ruptures and continuities traditionally elaborated by historiography between the Imperial past and the Soviet regime on the one hand, and the 1920s and the beginning of Stalinism on the other, as shown by the choice of its chronological boundaries.

Le train en marche

De Chris Marker

31min18

Préface du « BONHEUR », l’expérience du ciné-train d’Alexandre Medvedkine qui roula durant 294 jours, filmant les problèmes de la révolution russe et du développement économique de 1930.

Forum Nîmois - Charles GIDE - ADLER - 3 mai 2017

1h51min17

L’activité de notre association Charles Gide reprend, pour son cycle de conférences "le forum Nîmois Charle GIDE" Jean MATOUK président de l'assosiation et professeur des universités recoit, le 11 avril 2013, à la maison du protestantisme à Nîmes Alexendre Adler.
Cher Alexandre,

 

C’est la troisième fois que le Forum nîmois Charles Gide a le privilège de t’écouter. Tu étais venu une première fois le 30 mai 2013 nous parler de Vladimir Poutine, puis une deuxième, le 22 janvier 2015, évoquer le « Califat sanglant » de Daech, et ta vision de l’évolution de ce conflit proche-oriental.

Je n’ai donc pas besoin de m’étendre longuement sur la biographie. D’origine à la fois allemande et russe, tu es reçu en 1969, donc à dix- neuf ans à l’Ecole normale supérieure, et tu passes à la sortie l’agrégation d’histoire. Tu as enseigné durant 28 ans à Paris VII, à l’Ecole supérieure de commerce de Paris, puis au Collège interarmées. Tu vas te consacrer, ensuite, depuis 2002, entièrement à l’écriture d’articles et de livres.

S’agissant de la Presse écrite, tu fus à Libération, puis directeur du Courrier international, avec des chroniques au Point et à l’Express, et un passage au Monde auprès de Jean Marie Colombani. Puis, à la suite d’un certain virage idéologique, tu quittas le Monde pour le Figaro, où tu n’es plus aujourd’hui.

Parallèlement tu eus de nombreuses collaborations audio-visuelles, entre autres, sur Arte les mercredis de l’histoire de 1994 à 2003, et tu fus aussi chroniqueur à Europe 1 et RTL.

Dans tes articles comme tes essais, qui virent très vite, comme ce soir, à la géopolitique (mot nouveau mais discipline qui a toujours existé), tu proposes, souvent seul, des anticipations risquées, et tu donnes des avis tranchés, fondés cependant sur une culture – et, il faut le dire, une mémoire – aussi prodigieuses l’un que l’autre.

Tu as écrit 21 livres depuis 1978, avec, « L’URSS et nous », critique évidemment du stalinisme, mais prémonitoire. En 2002 tu déclares, déclenchant une polémique, « J’ai vu finir le monde ancien », publié chez Grasset et qui te valut le prix du Livre politique en 2003.

Puis, vont alterner des livres sur les Etats-Unis, le conflit israélo-palestinien, encore de géopolitique, avec « Le monde est un enfant qui joue » chez Grasset en 2009, ou « Le Jour ou l’Histoire a recommencé » en 2012 chez grasset.

Après le « Califat du sang » dont tu étais venu présenter la teneur en 2015, comme je l’ai expliqué, tu as encore publié « L’Invisible et la science » avec Patricia Darré, chez Lafon, en 2014. L’équation cachée avec Ardavan Amir-Aslani, aux Editions de l’Archipel, en 2016, et « La Chute de l’empire américain », chez Grasset en 2017.

Tu es d’une rare fécondité.

Ce soir, donc tu es venu parler de géopolitique autour de Poutine. Nous comprenons tous ici que Poutine a comme objectif la restauration de la grandeur russe, lui qui considère la fin de l’URSS comme « la plus grande catastrophe géopolitique du siècle dernier », non pas sur le plan de l’idéologique, bien sûr, mais, d’un pur point de vue nationaliste. Nous comprenons qu’il ait agité à juste titre l’OTAN comme un chiffon rouge aux yeux de son peuple, car la légitimité de cette alliance est, il faut bien le dire, fortement réduite depuis la dissolution du Pacte de Varsovie, en 1991.

Nous comprenons qu’il ait, dans cette optique, évidemment mal vécu, l’entrée des anciennes démocraties populaires, et les pays baltes, dans l’OTAN et l’Union européenne, et que, du coup, il ait voulu clairement marqué les limites du tolérable pour lui, avec les conflits géorgiens et ukrainiens, par l’aide à des minorités territoriales dans ces deux pays, et surtout la saisie de la Crimée. La réaction des Etats-Unis et de l’Union européenne, avec les sanctions, le comble finalement dans sa volonté d’alimenter en interne la colère contre l’Occident, ce qui temporairement au moins, réduit l’importance de ses problèmes économiques. Ne jamais oublier, en effet, que le PIB russe, dans son calcul le plus avantageux, c’est-à-dire en parité de pouvoir d’achat, n’est pour 146 millions d’habitants que sixième du monde, à 3.500 milliards USD derrière l’Allemagne, (qui n’en compte que 80) et le Japon. C’est évidemment bien pire en chiffres bruts, sans correction pour le pouvoir d’achat puisqu’avec 2.100 milliards USD, il est alors derrière le PIB français de 2300 milliards USD

Dis-nous au moins, s’il te plait si tu partages, ces prémisses.

Ensuite nous avons vraiment besoin de tes lumières sur plusieurs points que je liste simplement

Quel avantage Poutine a-t-il trouvé à favoriser, si c’est vrai, des élections comme celle de Trump aux Etats-Unis, ou, toujours si c’est vrai de Marine Le Pen en France ? Dans le deuxième cas, est-ce simplement l’europhobie de cette dernière qui la lui rend sympathique.

Y-a-t-il un risque que Poutine tente aussi une forme d’entrisme quasi-militaire dans les pays baltes en s’appuyant sur les russophones. La Suède a-t-elle de vraies raisons de réanimer sa défense ?

Qu’est-il vraiment allé chercher en Syrie, alors qu’il aurait eu tout avantage à s’entendre préalablement avec les Etats-Unis pour qu’il lui garantisse, quel que soit le régime syrien en place, sa base de Tartous en méditerranée ?

Qu’est ce qui prime en Syrie, aux yeux de Poutine, la lutte contre Dach en liaison avec ses propres islamistes radicaux internes, ou le maintien en la Syrie d’un pays allié au Proche Orient ?

Comment vois-tu l’évolution politique interne de la Russie ?

Y-a-t-il à ton sens une possible communauté de vue de six ou sept pays d’Europe continentale, Allemagne, France, Italie, Espagne Autriche, Belgique, Pays-Bas, éventuels composants d’une Union européenne restreinte, vis-à-vis de Poutine et la Russie ?

Si tu répondais à ces questions, nous sortirions, comme après tes deux autres conférences, plus intelligents que nous sommes entrés. Surtout, dans le cadre d’une démocratie plus participative, nous pourrions exprimer des préférences sur la politique russe de la France. C’est ce que nous souhaitons. Enrichis nous !

Nous t’écoutons !

La vengeance de Poutine

De Antoine Vitkine

52min04

2012. À la tête d’un pays dominé par l’Occident et cerné par l’Otan, Vladimir Poutine est contesté par des manifestants qu’il estime manipulés par l’Amérique. Il est également humilié par Obama et, après l’annexion de la Crimée, il se voit sanctionné et isolé. Six ans plus tard, le président russe semble avoir réussi à se venger de l’Occident. Il a en effet déstabilisé le grand rival américain, est parvenu à influencer les élections et les opinions des démocraties occidentales et s’est par ailleurs rendu incontournable en Syrie ou en Ukraine. À l’aube d’un nouveau mandat, ce film éclaire sur la personnalité de l’homme fort de la Russie et sur la place du pays face à l’Amérique de Donald Trump et l’Europe d’Emmanuel Macron et Angela Merkel.

Une femme douce Krotkaya

De Sergei Loznitsa

2h17min11

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs Une femme reçoit le colis qu’elle a envoyé quelques temps plus tôt à son mari incarcéré pour un crime qu’il n’a pas commis. Inquiète et profondément désemparée elle décide de lui rendre visite. Ainsi commence l’histoire d’un voyage, l'histoire d’une bataille absurde contre une forteresse impénétrable.