Documents pour «Religion»

Les religions : coexistence pacifique ou affrontement ? - Odon Vallet

Odon VALLET

1h11min32

Une conférence de l'UTLS au lycée
Avec Odon Vallet (docteur en sciences des religions)

La laïcité vue par un musulman

Tarek OUBROU

39min39

Le principe de laïcité, inscrit dans la constitution, représente aujourd’hui un des fondements de la République française. Il repose sur deux principes : l’obligation de l’État de ne pas intervenir dans les convictions de chacun et l’égalité de tous devant la loi, quelle que soit leur religion. Mais dans le contexte actuel de réémergence du fait religieux et des revendications identitaires, comment négocier la pratique musulmane en France?
La conférence a été donnée à l'Université Victor Segalen Bordeaux 2 dans le cadre du cycle de conférences "L'invité du Mercredi" / Saison 2003-2004 sur le thème "Demain". Service culturel Université Victor Segalen de Bordeaux 2 / DCAM /

La démocratie et le pluralisme des valeurs

Paul DUMOUCHEL

57min10

Je voudrais défendre l'idée qu'il y a un lien fondamental entre la démocratie, et plus particulièrement entre la démocratie représentative moderne et le pluralisme des valeurs. On craint souvent que le pluralisme de valeurs, surtout au delà d'un certain seuil, ne constitue une menace pour la démocratie, comme s'il existait une limite naturelle à la quantité de valeurs différentes, ou à l'écart entre elles que la démocratie peut absorber sans risque d'effondrement. Je propose à l'opposé que le pluralisme des valeurs est le résultat normal de l'exercice de la démocratie. Il y a plus, on peut montrer je crois que le fait de se représenter la question difficile du pluralisme en termes de valeurs différentes provient directement de la mise en place d'institutions démocratiques. C'est donc la catégorie même de valeur qui est fille de la démocratie représentative moderne. Il ne s'ensuit pas que le pluralisme des valeurs ne présente aucune difficulté pour les démocraties, mais il faut reconnaître que l'existence de ce lien nécessaire entre démocratie et pluralisme des valeurs permet, je crois, d'affronter ces difficultés de façon plus juste et plus sereine.

Croyances religieuses et croyances politiques

Marcel GAUCHET

1h05min42

Dans les sociétés modernes, la croyance religieuse a, depuis un siècle, changé de figure. Cette transformation s'est opérée de manière analogue et parallèle dans la sphère politique. Si bien que les rapports du croyant à l'institution religieuse peuvent éclaircir les relations entre la société et l'État. À l'origine de ces bouleversements se trouve une attitude consumériste de l'individu.

La croyance religieuse

Paul RICOEUR

1h18min20

Conférence de Paul Ricoeur : "La croyance religieuse"

Croyances et messianisme

Claude BIRMAN

1h13min49

Le messianisme est une croyance dont la compréhension suppose d'en considérer l'origine, le développement, et l'actualité. Son origine historique est un rite d'onction, c'est-à-dire l'acte de verser de l'huile sur la tête du nouveau roi, attesté dans les sociétés du Proche-Orient antique, il y a 3000 ans. Il s'apparente aux libations d'huile en général. L'huile adoucit, protège, réchauffe, nourrit, éclaire. Le roi assure la paix, la paix civile, la prospérité, la civilisation, la culture, c'est-à-dire le bien du peuple qui lui confie le pouvoir.
Repris par les Hébreux ( I Samuel 2,35), ce rite est sublimé par le monothéisme : l'onction du roi d'Israël par le dieu d'Israëll ne concerne plus le seul bien d'un peuple particulier, mais, par la conservation du peuple de l'Alliance du Sinaï, la présence au monde d'un message de paix à toute l'humanité. C'est en ce sens que les prophètes bibliques l'ont compris, associant toujours l'espoir d'un nécessaire renouveau d'Israël, après ses désastres nationaux, avec l'exigence d'une paix mondiale et d'une unification fraternelle des hommes.
Cet esprit d'universalité, développé et cultivé depuis 2000 ans par le Judaïsme, le Christianisme et l'Islam, non sans consonances avec nombre d'autres spiritualités, est sans doute aujourd'hui celui de la Charte des Nations-Unies.

La religion et ses nouvelles formes

Danielle HERVIEU-LEGER

1h15min39

Pendant longtemps, la question des rapports entre la religion et la modernité a été pensée sur le mode de l'exclusion mutuelle. On considérait même que le refoulement de la religion dans la sphère privée constituait, toujours et partout, une condition de la modernisation. Depuis le début des années 1970, cette hypothèse de la perte religieuse des sociétés modernes a été sérieusement ébranlée. Partout, le religieux affirme sa puissance sur la scène politique des sociétés modernes, des formes traditionnelles de religiosité qu'on croyait condamnées par l'avancée de la rationalité scientifique et technique connaissent d'étonnantes reviviscences, des mouvements religieux inédits émergent et l'on découvre que la croyance prolifère au coeur même des activités sociales en principe détachées de toute référence religieuse.
Ce constat n'invalide aucunement l'observation majeure selon laquelle les sociétés modernes sont bien des sociétés émancipées de la tutelle englobante des grands "codes de sens" portés par les institutions religieuses. Mais il invite à reconsidérer les processus par lesquels les individus, dans ces sociétés définitivement "sécularisées", produisent les systèmes de signification qui leur permettent de donner un sens à leur existence et - éventuellement - de revendiquer leur appartenance à une lignée croyante particulière. C'est l'identification de ces recompositions du croire qui constitue, aujourd'hui, le programme fort d'une sociologie de la modernité religieuse.

Sommes-nous responsables de nos croyances ?

Pascal ENGEL

1h08min36

Les croyances ont des causes plutôt que des raisons, et beaucoup d'entres elles sont soumises à des déterminations sociales. Si la croyance n'est pas volontaire, comment pourrions-nous être responsables de nos croyances? Peut-on reprocher à quelqu'un de croire des choses stupides? Et pourtant on peut blâmer un individu pour ses croyances racistes ou pour ses opinions irrationnelles, et nombre de conceptions de la croyance religieuse en font des engagements volontaires. Depuis le fameux argument du pari de Pascal, on a également soutenu que les raisons pratiques de croire pouvaient, dans certains cas, l'emporter sur les raisons théoriques de croire. Y-a-t-il une "éthique de la croyance" au même sens qu'il y a une éthique tout court?
Si nous voulons répondre à ces questions, il nous faut d'abord clarifier la psychologie de la croyance, et déterminer si elle relève de la part active ou de la part passive de notre esprit. Alors que l'action est soumise au contrôle, les croyances ne le sont pas. Il faut aussi réviser notre conception usuelle de la liberté dans la croyance. Celle-ci ne repose pas sur la liberté de la volonté ou le libre arbitre, et la raison pratique diffère de la raison théorique. Il ne s'ensuit pas qu'il n'y ait pas de liberté de croire, ni de responsabilité quant aux croyances. Nous devons à la fois renoncer à une conception purement déterministe et causaliste des croyances, du type de celles que défendent nombre d'anthropologues, de sociologues et de psychologues cognitifs, et à une conception purement volontariste.

Confucianisme, post-modernisme et valeurs asiatiques

Anne CHENG

1h02min34

Même si elle apparaît à bien des égards comme accessoire dans les tourmentes révolutionnaires qui ont secoué la Chine tout au long du XXe siècle, la question de la survie du confucianisme dans une société qui se veut moderne, voire post-moderne, ne manque pas de provoquer une certaine perplexité. Comme chacun sait, le confucianisme a fourni pendant deux mille ans un soubassement idéologique et institutionnel à un régime impérial qui n'a définitivement disparu qu'en 1912. À ce titre, l'héritage confucéen, rendu responsable de l'arriération de la Chine et perçu comme la source de tous ses maux, a été la cible privilégiée du mouvement iconoclaste du 4 mai 1919, avant de faire l'objet, entre 1966 et 1976, de destructions systématiques au cours de la Révolution Culturelle. Comment expliquer alors que ce même confucianisme, à partir de la fin des années 1970, soit apparu au contraire comme le moteur de l'essor économique du Japon et des " quatre petits dragons ", jusqu'à devenir, dans la bouche de certains dirigeants connus pour leur autoritarisme, un atout central du discours sur les " valeurs asiatiques " ? Parallèlement à cette instrumentation de toute évidence idéologique s'est développée depuis le début du siècle une réflexion sur la réappropriation de la tradition et des valeurs confucéennes émanant d'intellectuels en Chine d'abord, puis, après la prise du pouvoir par les Communistes en 1949, à Hong Kong et Taiwan, avec un retour actuel en Chine Populaire accompagné d'une diffusion dans la diaspora de culture chinoise, notamment aux États-Unis. En fin de compte, le confucianisme a-t-il perdu définitivement toute assise dans les sociétés chinoises ou sinisées, et a-t-il encore une chance de compter dans les débats de notre " monde global et éclaté " ?.

État islamique et religions islamiques

Mohammed TOZY

1h16min16

État islamique et Religions Islamiques par Mohamed Tozy Le titre de cette communication est un parti pris délibéré qui fait violence à la catéchèse qui a permis ma socialisation dans la religion musulmane ainsi qu'aux principes reçus dans le cadre de ma formation académique. Il renvoie à une prise de position assumée en faveur de l'historicité et une mise en perspective d'un imaginaire unitariste qui a forgé notre représentation de l'Islam : pour les uns en tant qu'altérité radicale et pour les autres en tant que stigmate " indélébile " qui rend possible l'existence de soi dans le monde. Il s'agit d'inverser la proposition d'un Islam unique entretenant des relations plus ou moins suivies avec des variations sous des formes historiques différentes fruit des croisements de la géographie et de la culture, allant de la principauté aux États islamiques en passant par les empires. Une analyse historique et philosophique de l'Islam aussi bien dans le passé qu'actuellement nous met en présence d'une religion plurielle aussi bien à travers ses producteurs d'orthodoxie (les oulémas) que dans ses modes d'appropriation par les croyants à travers le monde. De plus, la thèse d'un Islam unique signifierait l'acceptation d'une vision mythologique des acteurs en incorporant sans discussion aucune le discours idéologique sur le panislamisme. Un concept crée à la fin du XIXe siècle à la faveur du mouvement de reflux de l'Islam et dans une perspective de " réforme " initiée par l'empire ottoman et prise en charge par les élites arabes dans le cadre de ce qu'on a appelé la Salafiya. On verra plus loin les vicissitudes historiques de ce concept et l'incapacité de ces élites à défier les logiques des états nations qui vont utiliser l'Islam comme un référentiel second qui va venir très loin derrière le nationalisme et le socialisme.

Le sens de la laïcité

Françoise CHAMPION

1h16min13

"La laïcité n'a cessé d'être en débat. Les conflits des interprétations ont porté et portent encore très principalement sur la question de la " séparation ". Séparation des religions et de l'État, séparation du public et du privé, séparations qui feraient de la France, parmi les pays européens, le seul pays à être laïque. Il est vrai que les termes laïcité et laïcisation sont intraduisibles en anglais, la langue internationale d'aujourd'hui. Le " sens " de la laïcité sera abordé dans la double perspective du temps et de l'espace européen. L'histoire de la laïcité française fut sous-tendue par l'opposition entre deux conceptions, celle d'une laïcisation-combat opposée à une séparation-neutralité. S'imposera de fait un " pacte laïque ", signifiant au fond une orientation juridico-politique libérale. Si la " séparation " à la française est bien sûr une singularité française, toutes les sociétés ouest-européennes (ou presque) se sont émancipées de la tutelle de la religion. Mais cette émancipation s'est effectuée selon des logiques différentes dans les divers pays, fonction notamment de leur tradition religieuse : selon une logique de " laïcisation " dans les pays de tradition catholique, selon une logique de " sécularisation " dans les pays de tradition protestante. Aujourd'hui ce processus d'émancipation est accompli ; est désormais à l'ordre du jour une autre histoire, celle du pluralisme identitaire-égalitaire. "

Le mariage de Nicolas

Luc MEICHLER

45min52

Un portrait de René-Nicolas Ehni sous forme de film documentaire, à l'occasion du mariage de l’écrivain sundgauvien (La Gloire du Vaurien, Le Voyage en Belgique…) à Plaka en Crète, là où il s’est établi à demeure. Un temps fort et festif de dix jours qui est à la fois un mariage de transfuge culturel, un mariage dans la plus pure tradition orthodoxe, rehaussé par la participation du “chantre sublime” Kostas, un mariage crétois auquel participent tous les gens du village, un mariage dans une île grecque où règnent la force des lieux et le souvenir des dieux. Un mariage enfin, commenté par le marié lui-même, conteur intarissable.