Cinéma

300 jours de colère

De Marcel Trillat

1h19min24

Une de plus, une parmi tant d'autres : Moulinex, Danone, Marks & Spencer, Bata. Au cours de l'été 2001, ce fut comme une débâcle marquée chaque semaine par une nouvelle défaite ouvrière... Le 22 juin, c'est au tour d'une filature du groupe Mossley à Hellemmes près de Lille : les 123 salariés apprennent brutalement la liquidation de leur entreprise. C'est le début d'une longue lutte qui dure encore. Avec pour enjeu l'obtention d'un plan social digne de ce nom. La direction du groupe ne propose en effet que l'application de la convention du textile : 8 500 F d'indemnité pour 10 ans d'ancienneté, 18 000 F pour 20 ans ! Seule arme des salariés : un trésor de guerre de 700 tonnes de fil, d'une valeur de 20 millions de francs qu'ils menacent de détruire à la moindre alerte. Depuis août 2001 jusqu'en mars 2002, chaque événement important, chaque coup de théâtre de ce conflit ont été filmés. Une histoire humaine suivie pendant 9 mois par des témoins discrets, mais aussi, de plus en plus, au fil des rencontres et des amitiés qui se nouent, émus et révoltés.

Portrait de ma mère Poète

De Jean-Noël Gobron

1h00min06

Portrait intime de Marie-Jo Gobron, poète belge et mère du réalisateur. 20 ans après la réalisation d’un film sur son père, le cinéaste poursuit la description de l’univers artistique de ses parents. Née en 1916 en Flandre près de la frontière française, Marie-Jo écrit ses poèmes en français. À l’age de 85 ans, elle s’attaque à un roman autobiographique sur sa jeunesse, riche en événements, et sur son émancipation par l’art et l’amour, qu’elle nous confie ici.

Portrait de mon père Aquarelliste

De Jean-Noël Gobron

35min11

Le regard du fils, cinéaste, sur son père, artiste-peintre. Commencé au hasard en 1977, le film retrace de manière subjective l'itinéraire de la vie de Roger Gobron - né en 1899 à Bruxelles - qui, par sa recherche picturale, réussit à donner à l'aquarelle une dimension nouvelle. "Les Belges mesurent la valeur des artistes au prix de leurs tableaux", écrivait Baudelaire vers 1864. Cela n'a guère changé. Face à l'indifférence "officielle" quasi totale, mon père a peint ses aquarelles. Une anecdote: un jour, il emballe un tableau afin de l'envoyer à un important concours de peinture. Le concours terminé, le colis revient de la capitale; vérifiant le ficelage, mon père se rend compte que le paquet n'a même pas été ouvert.

Jean Marais par Jean Marais

De Jean-Christophe Rosé

1h14min37

Filmé chez lui, Jean Marais se raconte, avec humour et sincérité, au cours d'un long entretien, rythmé par des images d'archives et de nombreux extraits de films ou de pièces de théâtre. Il parle de sa mère et de son enfance, de ses premières influences cinématographiques, de ses débuts au théâtre, des gens qui l'ont marqué (Charles Dullin, Jean Cocteau, Yvonne de Bray), de la seconde guerre mondiale, et de son parcours artistique. Un très beau portrait de Jean Marais, riche en souvenirs et anecdotes.

Le mystère Anquetil

De Philippe Kohly

57min31

Le portrait du champion est indissociable de celui de l'homme qui offre deux visages, radicalement contraires : froid, mesuré, prudent, calculateur en société ; flambeur, généreux, fêtard, dans l'intimité. Il ouvre également sur l'histoire, sur l'évocation d'un changement d'époque. Jacques Anquetil est un emblème des années 60, le précurseur de l'ère moderne : individualisme, goût du plaisir, gestion d'une carrière, forme nouvelle du champion lové en œuf sur son vélo, etc. Ce portrait aborde également des questions de fond : la beauté, l'efficacité, la popularité, le culte de l'exploit et la pratique du sport en professionnel. Anquetil ne trahissait pas l'effort, mais c'est lui qui allait le plus vite. La beauté dans le geste est-elle solidaire de la plus haute efficacité ? Gagnant les 5 premiers Tours de France, Anquetil fut toujours présent aux rendez-vous. Mais jamais il n'a su lever le bras ou pleurer devant le micro. Il fut le champion le plus sifflé. Quels sont les ressorts de la popularité sportive ?

Vacances partagées

De Thomas Bousquet

53min47

Ce film raconte l'expérience solidaire autour d'un séjour estival, organisé par l'association "Les petits frères des pauvres", entre des personnes âgées fragiles et de jeunes accompagnateurs bénévoles. Pour certains "aînés", ce départ en vacances représente un bouleversement total du quotidien et une source de craintes. Pour certains accompagnateurs novices, ce voyage les interroge parfois sur le sens de leur engagement. Mais également sur leur aptitude à répondre aux besoins matériels et affectifs des personnes âgées. Un besoin d'amour toujours intact chez ces aînés, malgré l'âge et la dépendance.

Des tortues et des hommes

De Eric Lebel

51min46

Sur l’île Rodrigues, les tortues géantes regardent avec curiosité les hommes. Ceux-là mêmes qui sont capables de les exterminer comme de les faire renaître. D’eux, elles dépendront sans doute toujours. Mais, soutenus par quelques convaincus, elles comptent bien peser de tout leur poids sur l’avenir de l’île. Après l’écosystème terrestre original presque intégralement disparu, l’écosystème marin est à son tour menacé.

La poussette

Véronique Holley

1h17min53

Sabah, face à trop de violences conjugales, est obligée de partir avec ses quatres filles en bas âge. Histoire ordinaire de la galère, de foyers d'urgence en foyers d'urgence. Elles sont hébergées dans une famille, celle de la réalisatrice... et la réalité devient cinéma, et la caméra personnage devient active dans cette situation imprévue.

Claude Sautet, une histoire simple

De Jean-Pierre Devillers

1h23min39

De "Classe tous risques" (1960) à "Nelly et M. Arnaud" (1995), les films de Claude Sautet ont joué la carte émotionnelle avec des histoires grand public, teintées d'une noirceur particulière. Peu de temps avant la disparition du cinéaste, Michel Boujut a réuni ceux qui composent la famille Sautet. Interviews, archives et extraits de films révèlent la rigueur d'un homme à fleur de peau, qui s'est employé à peindre la fragilité de l'existence.

Huis clos pour un quartier

De Serge Steyer

53min16

Un quartier d’une petite ville doit être urbanisé et la municipalité souhaite proposer une opération innovante pour en finir avec "la banlieue pavillonnaire". Autour de la table, des élus volontaires, de jeunes urbanistes prêts à bousculer les mentalités et les modes de faire, des promoteurs peu enclins à changer leurs habitudes et un architecte au service du client. En s’immisçant durant plusieurs mois dans les tractations entre lélus, promoteurs et urbanistes, "Huis clos pour un quartier" saisit sur le vif la dérive des ambitions politiques et fait émerger une réflexion sur l’urbanisme et la démocratie locale. Au final, que reste-il du joli rêve... ?

Derrière les arbres

Bénédicte Pagnot

51min17

Denis vit à la Coume Longue, une grange isolée, perchée à 1166 mètres d'altitude, quelque part dans les Pyrénées ariégeoises. Venu de Nancy, il s'y est installé il y a huit ans, avec sa femme et ses enfants. Désormais, il y est seul avec sa radio et ses livres. Denis s'interroge, réfléchit à sa situation. Et au monde qui l'entoure.

Rue des partants

De Gilles Dinnematin

52min20

Un quartier de Paris, Ménilmontant, déclaré insalubre en 1900, a vu se succéder les politiques urbaines du siècle. Ces expériences successives ont rendu les habitants philosophes. À travers leurs mémoires, leurs souvenirs, leurs vécus, ils pensent la ville, ils rêvent la ville, ils posent la question même de la ville. Ce film s'intéresse aux changements du tissu urbain et des relations que les habitants entretiennent avec leur appartement, leur immeuble, leur rue, leur quartier, leur ville... Quel est dans leur vie le sens du mot "habiter" ?