Documents pour «discrimination»

Retour à Forbach

De Régis Sauder

1h19min35

Régis Sauder revient dans le pavillon de son enfance à Forbach. Il y a 30 ans, il a fui cette ville pour se construire contre la violence et dans la honte de son milieu. Entre démons de l'extrémisme et déterminime social, comment vivent ceux qui sont restés ? Ensemble, ils tissent mémoires individuelles et collectives pour interroger l'avenir à l'heure où la peur semble plus forte que jamais.

Le baiser de Marseille

Valérie Mitteaux

51min17

Photo choc. À Marseille, en 2012, Julia et Auriane, deux jeunes étudiantes, défient des manifestants anti-mariage gay et offrent un cliché qui devient vite une référence en matière d'acte citoyen anti-discrimination. Face à elles, une homophobie qui ne dit pas son nom et profite de la lutte pour l'égalité des droits, pour s'afficher sans honte. Entre projet de loi progressiste et nouvelle homophobie, plongée dans une image témoin de l'état du rapport entre la France et l'homosexualité.

Séminaire Urmis Nice "Frontières et altérité" - Séance du 12 janvier 2018 à 14h30 avec Hans Siebers, (Tilburg University), "In search of the factors and mechanisms that erect ethnic boundaries , in institutional settings"

Hans Siebers

1h06min59

Séminaire diffusé en streaming de 14h30 à 16h30.
La vidéo sera consultable en différé à partir du lundi 15 janvier 2018.
Publication de référence :
Hans SIEBERS (2017) What turns migrants into ethnic minorities at work? Factors erecting ethnic boundaries among Dutch police officcers. Sociology, 51(3): 608-625.
http://journals.sagepub.com/doi/10.1177/0038038515598282
Abstract


Transnational
migration flows have revitalised the interest in ethnicity in social
sciences. The ethnic boundary approach (Barth, Wimmer) argues for a
non-essentialist understanding of ethnicity and calls for detecting the
factors that turn migrants into ethnic minorities. Based on ethnographic
fieldwork among Dutch police officers between 2008 and 2013, this
article presents three factors that together constitute a structural
framework that produces events of ethnic boundary construction (salient
ethnic identity plus ethnic closure) between migrant and non-migrant
officers: (1) ethnicised precarity; (2) ethnic conflicts triggered by
the ethnicising discourse in Dutch media and politics on migrants and
migration; and (3) the quasi-therapeutic management style applied in the
police organisation. It further calls for a differentiated
understanding of migrants’ precarity, questions explanations of ethnic
closure in terms of stereotypes and critically scrutinises
socio-psychological approaches of ethnicity and diversity management.



Keywords cultural fundamentalism, discrimination, diversity, ethnicity, ethnic boundaries, ethnic inequality, labour control, labour market, migrants, precarity

The birth of a Nation

De D.W. Griffith

La guerre de Sécession. Deux familles éprouvées : les Stoneman (favorables au Nord) et les Cameron (Sudistes). Le retour de la paix ne calme pas les esprits. Lincoln est assassiné. Les troubles naissent des politiciens véreux et de la population noire, livrée à elle-même. Par réaction se crée le Ku Klux Klan justicier et vengeur.

Quelle est la nature des débats et des enjeux autour du multiculturalisme ?

Michel WIEVIORKA

13min32

Entretien avec Michel Wieviorka

Chronique des Pygmées baka : Musiciens / Groupe Tibola 2012

Laurent MAGET

01min34

Cette année 2012 est un tournant pour  Tibola, le groupe de musiciens baka de Moangue le Bosquet. Ils élargissent leur répertoire, composent des paroles en français, réunissent des jeunes danseuses et danseurs très "branchés". Ils s'apprêtent à partir faire un grand tour du Cameroun, pour découvrir leur pays. Chanteurs / Musiciens Dankassa Pierre / /Kopka Sylvain/ Yenjo Laurent Danseurs.ses Nguoum Gisèle/   / Ayembe Claire / Limé Brigitte / Mondenga Biken Marc

Immigration et racisme - de cause à effet ? Une intervention d'Andrea Rea

Michel WIEVIORKA

12min32

Immigration et racisme - de cause à effet ? Une intervention d'Andrea Rea Dans cette intervention, le politiste Andrea Rea, décrit la relation consubstantielle de l’immigration au racisme. En définissant les notions d’ethnicisation, de catégorisation et d’intégration qui constituent le processus d’immigration, on revient ici sur les problématiques de l’exclusion, de la discrimination et de la ségrégation des populations immigrées. Le thème même de l’immigration implique une division hiérarchique des individus dans une société. Un groupe qui se définit comme majoritaire, un « nous » historique, qui se pose en dominant face à des groupes minoritaires, des « eux » qui seraient moins légitimes à occuper le territoire. Il est important ici d’insister sur la dimension socio-politique qui définit le cadre de l’hostilité envers les populations immigrées. La fin de la société industrielle, le ralentissement de la croissance, les délocalisations et le chômage engendrent une mutation du racisme envers les immigrés et leurs descendants. Alors que les premières « vagues » d’immigration tendaient à maintenir les travailleurs immigrés dans un rapport de domination et d’exploitation, le nouvel échiquier social implique souvent un rejet pur et simple.

Le racisme systémique - L'expérience du bassin minier d'Alès - Un entretien avec Philippe Bataille

Michel WIEVIORKA

18min08

Le racisme systémique - L'expérience du bassin minier d'Alès   Un entretien avec Philippe Bataille Le sociologue Philippe Bataille relate son enquête dans le bassin minier d’Alès dans les années 1980, autour d’un cas extrême de racisme systémique. L’enquête qui a été menée en partenariat avec la CFDT visait à comprendre la façon dont s'opérait le racisme au travail et à observer les discriminations directes et institutionnelles, ainsi que les discriminations indirectes qui rendent l’emploi inaccessible à certaines couches de la population. Cette enquête a permis de dévoiler la manière dont se déploie une forme de racisme qui n’est pas idéologique et dont les acteurs n’agissent pas avec une intention explicite. Sans être nommé, le racisme agit pourtant bien. Ce racisme se met en place là même où se trouvent des figures de l’antiracisme et des groupes de défense des salariés. Philippe Bataille dévoile les mécanismes qui ramènent un individu à des représentations sociales et à une différence construite et l’empêchent d’accomplir son intégration par le travail.

Le racisme différencialiste - Un entretien avec Étienne Balibar

Michel WIEVIORKA

26min15

Le racisme différencialiste   Un entretien avec Étienne Balibar Le philosophe Etienne Balibar revient sur une forme de mutation du racisme observée depuis les années 1970 et que l’on peut définir comme un déplacement de l’idéologie raciste, depuis une conception biologique de la race, vers une conception plus culturelle. Pour décrire ce phénomène, les chercheurs ont alors parlé de racisme différencialiste, de néo-racisme, voire de « racisme sans race ». On serait donc passé d’un schéma de hiérarchisation qui opposait des races supérieures à des races inférieures, à un schéma de différenciation, qui placerait en son cœur l’impossibilité du mélange. Il n’y aurait donc plus une « biologisation » des différences, mais une « culturalisation » de celles-ci. Il s’agit d’un processus tout autant essentialiste que le premier. L’idée d’une mutation du racisme est aussi à confronter à l’idée de l’existence de « cycles du racisme ». Etienne Balibar met ici en avant une question clé – la nature du racisme change-t-elle réellement ou serait-elle au contraire tributaire des changements historico-politiques qui l’amèneraient à passer au premier ou au second plan ? L’analyse de l’évolution de la notion doit s’appuyer sur trois dimensions distinctes mais complémentaires, historique, anthropologique et politique. Enfin, Etienne Balibar élargit le débat et s'interroge sur l’utilisation (ou la non-utilisation) du terme « race » en France aujourd’hui et sur les enjeux posés par la pensée universaliste. En revenant sur la problématique « faut-il supprimer le mot de race de la Constitution », Etienne Balibar se demande si le mot de « race » peut être compris comme un outil pour comprendre la différence ? Les mutations du racisme nous invitent à nous demander s’il y a véritablement un universalisme au-delà des différences et si penser la différence c’est forcément penser la division.

La rumeur d'Orléans - Un entretien avec Edgar Morin

Michel WIEVIORKA

28min24

La rumeur d'Orléans Un entretien avec Edgar Morin Le sociologue Edgar Morin revient sur l’enquête de terrain qu’il a menée à Orléans à la fin des années 1960, autour d’une rumeur antisémite. La « Rumeur d'Orléans » est apparue en avril 1969. Les journaux locaux, influencés par « les bruits qui courent », publient alors une série d’informations selon lesquelles les cabines d’essayage des magasins tenus par des Juifs renferment des trappes par lesquelles les clientes sont enlevées et envoyées dans des réseaux de prostitution au Moyen Orient. L’enquête sociologique dément la rumeur et démontre que ce sont les commerçants les plus assimilés et les plus en phase avec la modernité qui sont victimes des attaques et des menaces. Elle dévoile que l’antisémitisme prend ici racine dans des peurs liées à la modernité et au nouveau climat social d’ouverture, insufflé par les événements de 1968. Aussi, elle montre que les sources de la rumeur sont à trouver dans le subconscient collectif dans lequel le Juif conserve une image d’étrangeté et de mystère.

La Shoah - Un entretien avec Annette Wieviorka

Michel WIEVIORKA

38min32

La Shoah Un entretien avec Annette Wieviorka L’historienne Annette Wieviorka, spécialiste de la Shoah, nous donne ici les outils pour comprendre la spécificité de l'événement historique qu’est la Shoah. En partant du Procès de Nuremberg comme épilogue de la Seconde guerre mondiale, Annette Wieviorka en dévoile la complexité. Durant ce procès, les responsables du IIIème Reich seront jugés pour complot, crimes contre la paix, crimes de guerre et crime contre l’humanité. Mais c’est finalement le terme de génocide, proposé par Raphaël Lemkin, qui prévaudra pour décrire l’ensemble de ce processus de destruction des Juifs d’Europe. Les théories se confrontent pour rendre compte de ce processus et on mettra en avant le débat qui oppose les intentionnalistes aux fonctionnalistes, autour de la question de l’intentionnalité de l’Etat nazi dans sa démarche destructive. La Shoah marque aussi un tournant dans la conception même de l’antisémitisme et les historiens parlent alors d’un antisémitisme rédempteur, où aucune conversion ni adhésion idéologique ne permettait aux Juifs d’échapper à la catégorisation et donc à la mort. Il sera aussi question dans cet entretien, de la dynamique qui se met en place entre les appareils de l’Etat (le régime nazi, mais aussi les régimes collaborationnistes celui de Vichy) et le corps social qui adhère à cette idéologie meurtrière. Enfin, l’évènement est replacé dans une perspective historique plus large, afin de comprendre comment il a pu influencer les opinions, idées et prises de positions sur la question de l’antisémitisme, du racisme et de l’altérité dans son acceptation plus générale.

L'antisémitisme dans son épaisseur historique - Un entretien avec Joël Kotek

Michel WIEVIORKA

35min59

L'antisémitisme dans son épaisseur historique Un entretien avec Joël Kotek Dans cet entretien, l’historien Joël Kotek revient sur les racines de l’antisémitisme. Avant l’an 1000 la haine des Juifs s’apparente à de l’antijudaïsme. Le judaïsme est considéré comme une religion rivale parmi d’autres, du christianisme et est rejeté en tant que tel. Le terme qui désigne la haine des Juifs en tant que race – l’antisémitisme, a lui été forgé par le journaliste allemand Wilhelm Marr en 1879. Néanmoins le phénomène apparaît déjà au temps des croisades, quand la religion des origines, tant pour les Chrétiens, que pour les Musulmans, devient non plus seulement la religion concurrente, mais également la religion que l’on rendra responsable des maux dont souffre l’Europe entière. Au 12ème siècle, cette haine devient irrationnelle et on pourrait déjà commencer à parler « d’antisémitisme ». En se servant des métaphores de névrose et de psychose, Joël Kotek essaie d’expliquer le développement de cette forme particulière d’hostilité.