Documents pour «religion musulmane»

The chop

Lewis Rose

17min06

Yossi, un boucher casher, se retrouve dans la tourmente, après avoir perdu son emploi. Après avoir sonné à la porte de nombreuses boucheries casher, sans succès, il prend l'étonnante décision de travailler en tant que boucher halal. Cependant, pour cela, il va devoir faire preuve de ruse et de charisme pour cacher sa véritable identité.

Forum Nîmois - Charles GIDE - BIDAR 20 Avril 2017

1h34min29

Dans son cycle de conférences "Le forum Nîmois Charle GIDE", présidé par Jean MATOUK professeur des universités, présente à la maison du protestantisme de Nimes, la conférence de Abdenour Bidar le 20 avril 2017.
Introduction Jean MATOUK
Nous recevons aujourd’hui un pur « métis »
intellectuel, qui nous montre, si c’était encore nécessaire, que le métissage
est particulièrement fécond.

Vos biographies sont assez silencieuses sur votre lieu de
naissance,  d’enfance, d’adolescence et
d’études primaires et secondaires. Je vous laisse le soin de nous le préciser.

Vous êtes, en tous cas, rentrés  à l’Ecole normale supérieure de Saint Cloud et
avez passé l’agrégation. Vous avez ensuite poursuivi ces études supérieures
avec une thèse de Doctorat sur la pédagogie de l’individuation, ou comment
l’homme peut-il devenir « sujet », à partir, notamment, d’un grand
philosophe musulman indien Mohamed Iqbal. Lui-même était triplement « métis »
intellectuel, puisque né hindou d’ancêtres brahmanes convertis à l’islam, il a
ensuite fréquenté les universités européennes, notamment au Trinity Collège en
Grande Bretagne et en Allemagne. Cet homme, à la fois philosophe et poète, est considéré
comme un des pères spirituels du Pakistan. Il avait en effet plaidé
vigoureusement pour la séparation d’avec l’Inde, contre le souhait de Gandhi,
mais il est mort en 1938, quelques années avant elle.

Vous avez ensuite enseigné la philosophie en classes
préparatoires aux grandes écoles de 2004 à 2012. Puis vous avez  été chargé d’une mission sur la pédagogie de
la laïcité au Ministère de l’Education nationale, et nommé en 2013 à
l’Observatoire de la laïcité, qui est présidé par notre concitoyen Nicolas
Cadène, lequel m’a téléphoné pour vous prier de l’excuser d’être retenu à Paris
ce soir.

C’est alors qu’a commencé pour vous une carrière
radiophonique. En 2012-2013, vous avez produit et animé une émission  sur le thème du vivre ensemble et de
l’identité dénommée « Cause commune, tu m’intéresse », puis « France
Islam, questions croisées »  sur France Inter, enfin vous avez pris,
en 2015, la suite du regretté Abdlewahhab Medeb 
dans « Culture d’islam ».

Enfin, vous avez été nommé Inspecteur général de philosophie
par l’Education nationale

Vous avez réfléchi, Abdenour Bidar, à partir de l’expérience
européenne, dans deux directions. La première est la  recherche d’une liberté spirituelle en islam.
Est-elle possible ? Au-delà du formalisme et du dogmatisme, présents en
islam, comme ils l’ont longtemps été dans la chrétienté, et surtout le
catholicisme, vous avez recherché les voies d’une vie spirituelle adaptée aux
possibilités du présent. En terres chrétienne, cela s’est appelé le
« protestantisme »

Mais vous avez élargi ensuite cette réflexion au phénomène de
 sortie de religion, de
« désenchantement du monde », décrit notamment par Max Weber, et plus
récemment, et longuement, Marcel Gauchet, en questionnant la pensée
occidentale : a-t-elle eu raison de voir dans cette mort de Dieu, comme
disait Nietsche ,  le destin de
l’humanité. Finalement vous proposez plutôt une désoccidentalisation de ce
thème de la sortie du religieux.

Pour autant vous refusez aussi le « retour du
religieux » que certains veulent constater dans certains phénomènes
actuels. Ce retour qu’est venu nous théoriser brillamment ici  Jean François Colossimo, pour qui les faits
les plus marquants et structurants des cinquante dernières années ont été de
caractère religieux : retour de Khomeiny en Iran, l’élection de Jean Paul
2 et son «  N’ayez pas peur » , celle de Reagan parce qu’elle a été ,
comme celle de Bush ensuite,  portée
notamment par les évangéliques américains…Ce que vous en pensez nous intéresse.


Je n’irai pas plus loin dans la description de votre
itinéraire philosophique. Il est trop riche et long

Vous avez publié,  sauf
erreur treize livres dont je cite ici ceux qui m’ont paru les plus importants
« Un islam
pour notre temps » Seuil 2004
« L’islam
face à la mort de Dieu » François Bourin 2010
« Histoire
de l’humanisme en occident » Armand Colin 2014
« Lettre
ouverte au monde musulman Les liens qui libèrent » 2015
« Les tisserands- Réparer ensemble
le tissu déchiré du monde » Même éditeur mai 2016
« Quelles valeurs partager et
transmettre aujourd’hui » Albin Michel septembre 2016







Cher Abdenour Bidar, il y a quinze mois, nous recevions ici
Tarik Ramadan pour une conversation avec notre ami Olivier Abel. Vous vous
doutez que sa venue a créé, en notre sein et dans notre ville, une petite
polémique, compte tenu de ses racines familiales et de ses liens, logiques,
avec l’UOIF. Je ne vous demande pas, évidemment de vous livrer à une critique
de sa pensée, mais, si vous y avez convenance, nous dire  votre avis sur «  Etre musulman et
occidental aujourd’hui ?», qui est, sauf erreur, son dernier livre. Qu’est
qui vous unit ? Qu’est-ce qui vous sépare ?

Certains d’entre nous, par ailleurs,  qui ont voulu approfondir votre religion et
ont lu le Coran, sont étonnés de n’y pas trouver nombre d’interdits et
prescriptions que certains affirment ressortir directement de la révélation de
Mahomet. Je pense notamment au voile intégral, la burka, au serrement de main
entre hommes et femmes, et même à la consommation d’alcool dans la vie
courante. Ils sont donc amenés à imaginer que la compatibilité culturelle en
islam, laïcité, et autres religions, qui constituent une partie de la culture
européenne, serait beaucoup moins problématique, et sans doute plus du tout, si
votre Livre saint n’était pas interprété de manière si rigoureuse par certains,
dans le but peut-être de bloquer toute contextualisation.

Telles sont cher Abdenour Bidar quelques pistes de réflexions
que je vous propose. J’espère que vous pourrez en traiter, au moins
partiellement, à l’intérieur du  sujet
dont nous sommes finalement convenus : « Une vision spiritualiste de
l’islam et sa contextualisation » qui pour les chrétiens,  juifs, et laïcs français, est un sujet
particulièrement important.

Auparavant, toutefois, j’espère que vous accepterez, en
exergue, de compléter votre « bio ». Des amis avec qui je dinais hier
soir à Montpellier et qui ont eu le bonheur de vous recevoir déjà, m’ont
indiqué qu’elle était très intéressante. Pour être tout à fait loyal, ils ont
ajouté que vous étiez un « ange ». Au figuré naturellement !
Mais comme je sais que ce concept a un sens aussi en islam, ne serait-ce qu’à
travers Jibril, l’Archange Gabriel, que Mahomet aurait même vu, sous sa forme
originale, vous pouvez comprendre que cette bio nous intéresse.

Vous avez donc la parole, Monsieur l’Inspecteur général, pour
une cinquantaine de minutes, avant que nos amis du Forum ne vous passent à la question

Forum Nîmois - Charles GIDE - Tarik RAMADAN et Olivier ABEL - 3 décembre 2015

1h48min30

L’activité de notre association Charles Gide reprend, pour son cycle de conférences "le forum Nîmois Charle GIDE" Jean MATOUK président de l'assosiation et professeur des universités anime un débat, le 3 décembre 2015, à la maison du protestantisme un débat
entre Tarik Ramadan et Olivier Abel.
Introduction
au débat entre Tarik Ramadan et Olivier Abel

Nous organisons
ce soir, non pas une conférence suivie d’un débat avec vous tous, même si vous
aurez la parole comme à l’accoutumée, mais d’abord un débat entre deux universitaires.
L’un Tarik Ramadan, bien connu des médias, est professeur d’études islamiques à
l’Université d’Oxford. L’autre, Olivier Abel, est professeur de philosophie
éthique à l’Institut protestant de théologie de Montpellier.

Tarik Ramadan
est né à Genève ou ses parents avaient dû s’enfuir, en 1958, pourchassé par les
hommes de Nasser. Rentré en Egypte pour y suivre des études, il failli être assassiné,
mais il fut sauvé par sa nationalité suisse.

Il revint
donner des conférences en France en 1992,  et participa alors à diverses manifestations
et séminaires sur l’Islam et les autres religions. Il assista, ou participa, à
la création de l’Union des organisations islamiques de France, proche, par ses
origines, tunisiennes notamment, des Frères musulmans, dont il n’est pas, je
pense, injurieux de dire qu’ils ont été fondés par votre grand père, si Hassan
el Bana en 1928.

Tarik
Ramadan commença sa carrière universitaire aux Etats-Unis, à l’Université
d’Indiana. Le Gouvernement Bush tenta de mettre un terme, cette même année, à
cette intervention américaine  en vertu
du Patriot act. Mais de nombreuses personnalités s’élevèrent contre cette
mesure attaquée en justice et finalement annulée en 2010. Le magazine Time a classé
Tarik Ramadan parmi les sept penseurs religieux innovateurs du XXIème siècle.
En 2004, le même magazine, dont je ne sache pas qu’il soit actionnaire, le
classe  au huitième rang des 100 penseurs
les plus brillants au monde.

Après les
attentats de Londres de 2004, Tony Blair lui demanda en 2005, de participer au
groupe de réflexion sur le problème de l’extrémisme islamique au Royaume uni.

C’est en
2009 qu’il obtint une chaire d’études islamiques à Oxford, puis, en 2012, devint
directeur du Centre de recherche sur la Législation islamique et l’éthique au
Quatar. Je précise pour éviter les débats inutiles qu’ c’est son frère Hani Ramadan
enseignant en Suisse, qui, de la lapidation des femmes, a osé dire dans Le
Monde qu’elle était une punition mais aussi une purification. Tarik a largement
pris ses distances avec Hani à ce propos et quelques autres.

C’est sans
aucun doute sa grande culture, et son habileté rhétorique et dialectique, qui
lui vaut, de la part de certains intellectuels français, une vraie méfiance,
voire une défiance. J’espère que nous ne repartirons pas ce soir avec ce
sentiment.

Il préside
une société de réflexion, dénommée European muslim network, très active sur le
réseau internet.

Il a écrit
une trentaine d’ouvrages personnels, deux ou trois collectifs, et divers
articles

Ses derniers
livres, sont présentés ici ce soir, notamment

Etre occidental et musulman aujourd’hui Presses du Chatelet 2015

Introduction à l’éthique islamique Idem

Notre autre
débatteur de ce soir est Olivier Abel, fils de Pasteur, né en 1953 à Toulouse,
qui a suivi des études de philosophie en 1972 à 1975 à Montpellier, une
Maitrise à Paris X Nanterre avec Paul Ricœur, mais aussi avec Levinas.  Son mémoire de DEA, toujours avec Ricœur,
porte sur la «  Fonction imaginaire de la parole ». Il a travaillé beaucoup
l’histoire de la philosophie, qui était au programme de l’agrégation quand il
l’a préparée. Il a enseigné la philo au Tchad dans le cadre du volontariat du
service national, puis à Montpellier en 1979 et 1980.

Il a été
ensuite professeur à Istanbul, au Lycée Galatassaray, devenu Université et il a
préparé un doctorat sous la direction toujours du même excellent Paul Ricœur, qu’il
a soutenu  à Paris X en 1983. Le titre,
que je serais bien en peine d’expliciter, c’est le « Statut phénoménologique
de la rêverie chez Gaston Bachelard ». Il a obtenu son habilitation à
diriger des travaux de recherche en 2000, avec un autre travail sur
« L’intervalle du temps éthique entre le courage et le pardon ».

Il a été
ensuite détaché de l’Education nationale à la Faculté  protestante de théologie de Paris et il est
maintenant professeur de philosophie éthique à l’Institut protestant de
théologie de Montpellier

Il a écrit
10 livres dont 3 sur Ricœur, et un remarquable Calvin qui est proposé ici ce
soir.

Ils vont
donc débattre  du thème titré par Tarik Ramadan,
de la « Diversité des voies et voix de l’Islam moderne ». C’est Tarik
Ramadan qui commencera avec un exposé d’une vingtaine de minutes. Puis ils se
répondront par séquences de 5 à 10 minutes chacun.

Mais avant
de leur laisser la parole, je voudrais leur dire qu’ils ne pourront pas, à mon
sens, éviter au moins trois sujets

Le premier, posé
par un grand nombre d’amis présents, est celui de l’apostasie. Une religion qui
prévoit la mort pour un de ses membres s’il choisit une autre religion ou ne
croit plus en Dieu, est-elle encore une religion au sens habituel du mot, et
peut-elle continuer à se développer dans un Etat « occidental » selon
votre propre expression ? J’y ajouterais une question subsidiaire, qui
vaut aussi d’ailleurs pour certaines « chapelles »
protestantes : le prosélytisme, même pacifique, même sans le sabre,  n’est-il pas la source même des violences
religieuses ?  

La seconde
question, c’est évidemment celle de l’origine doctrinale et politique de
l’actuelle violence à connotation religieuse qui a été déclenchée dans divers pays,
et plus particulièrement le nôtre, par deux fois, en janvier et novembre, par
l’organisation dénommée Daesch.

Problème
complexe, dont je voudrais, pour rendre le débat plus intéressant, évacuer, si
je puis dire, des composantes  réelles
mais trop immédiates et ressassées. Tout le monde sait bien que Daesh,
résurgence  dévoreuse d’Al Qaida, est
formé, pour une grande part, de groupes mafieux du désert, trafiquants de
toutes sortes, auxquels se sont joints des officiers perdus de l’armée
irakienne . Ceux-ci avaient été les victimes, il faut le dire, d’une
vindicte insensée du gouvernement chiite de l’ex-premier ministre irakien Maliki.
Tout le monde sait aussi que les armes modernes dont dispose Daesh et les
groupes qui s’en réclament, viennent pour une part de la déroute des troupes
loyales en Irak, et, pour une autre, de la désastreuse destruction politique de
la Libye, et du commerce trans-saharien des armes.

Enfin,
certains, comme vous TariK Ramadan, dans vos textes des 17 et 18 novembre, considèrent
les attentats en France, comme une simple riposte aux bombardements en Syrie.
Je dois quand même à la vérité de rappeler que ces derniers ont commencé APRES
les attentats de janvier, et des meurtres individuels, de 2012, et après,  qui visaient déjà des citoyens innocents. Ces
frappes ont visé au début seulement les camps d’entrainement de ceux qui sont
destinés à venir en perpétrer d’autres sur le sol français.

De l’autre
côté, tout le monde est aussi d’accord sur le fait que le chômage et la
précarité qui touchent parfois 40% des jeunes de 15-24 ans, dans nos cités –
beaucoup plus que dans les autres pays d’immigration maghrébine- est  à l’origine d’une frustration, puis, sans
doute, d’une forme de haine de ces jeunes vis-à-vis de notre société, ce qui a
pu, et peut, leur rendre sympathiques ceux qui se donnent pour objectif de la
détruire. C’est sans doute ce constat, Tarik Ramadan, qui vous avait conduit à
signer, en 2005, l’Appel des indigènes de la République. Olivier Roy, dans Le
Monde du 25 novembre, creuse mieux, à mon avis, ce phénomène. Pour expliquer
que des convertis, correctement intégrés, rejoignent Daesh, aux côtés de jeunes
maghrébins d’origine musulmane, parle non pas de radicalisation d’Islam, mais
d’islamisation de la radicalité. Ce que cherchent ce jeunes, ce serait une
rupture radicale, avec leur famille, leur milieu, notre société et ils pensent
que Daesh en est aujourd’hui le vecteur le plus efficace. Nihilisme
pathologique qui les conduit au suicide !

Mais une
fois ces attendus bien connus aujourd’hui, dans le juste procès que l’on doit
intenter à la violence aveugle et absolue qui se drape dans l’Islam, il reste,
et je l’ai dit au début, que Daesh a pris la suite d’Al Qaida, qui, par son
fondateur, était l’expression violente d’un wahabisme pur et dur, lequel, au
XVIIème siècle, donc 1.100 ans après l’Hégire, a voulu déjà revenir au
soi-disant islam des origines. Il reste surtout, quelle que soit l’hypocrisie
criminelle d’Al Bagdadi et de ses sbires, et c’est la dessus que nous voudrions
vous entendre, que le djihadisme est l’expression violente du salafisme, c’est
–à-dire selon la racine arabe du mot, du même retour en arrière vers les
ancêtres, qui est, pour nous, un recul de civilisation. Et une double question
se pose : Y-a-t-il un lien entre le développement du salafisme et la
doctrine des frères musulmans ? Comment passe-ton d’un salafisme purement
pieux, une sorte de quiétisme, au djihadisme ? Quel, dans la doctrine
musulmane, le sens réel de djihad : combat contre ses mauvais instincts,
ce qui est une obligation très générale aux trois religions monothéistes, ou
combat contre les soi-disant mécréants qui n’ont pas embrassé « ma »
croyance ». Cette seconde version maléfique a été aussi, à divers moments,
adopté par la religion catholique, comme le Pape François vient de le rappeler
à Bangui. Contre les musulmans andalous, puis contre les amérindiens, puis
contre les protestants ! Mais les autorités religieuses catholiques en ont
demandé largement pardon. L’Islam radicale sera-t-il le dernier avatar du
couple violence et sacré analysé si brillamment par René Girard et notre ami
Régis Debray

Enfin, et je
termine par là – votre livre  « Etre
occidental et musulman aujourd’hui » que je n’ai pas encore lu, doit en
traiter, vous devrez aussi débattre, s’il vous plait, de la place de la femme
dans la société. Posons la question de manière abrupte : alors que la
déclaration universelle des droits de l’homme pose, dès son préambule,
l’absolue égalité de droits entre les hommes et les femmes, comment des Etats
qui se réclament de l’Islam, de la Charia, comme  Constitution, peuvent-ils adhérer à l’ONU.
Franchement, la sourate 4 « Des femmes », dans les versets 12 sur le
legs, 24 et 25 sur le fait de prendre des épouses, 34 qui autorise à les battre,
est-elle compatible avec la Déclaration des droits de l’homme, les
Constitutions écrites ou coutumières des pays civilisés, et le fait d’être,
comme vous le dites, « occidental » si ambigu que soit ce mot.

Sur ces
points, comme sur tous les autres que tu jugeras bon, j’espère, Olivier qu’avec
ta faconde si sympathique, mais aussi ton 
immense culture philosophique et religieuse, tu vas, avec Tarik Ramadan,
éclairer cette assemblée. Ici, à Nîmes, la guerre entre protestants et
catholiques, qui fut si violente, tant que l’une des religions a voulu
contraindre l’autre, est bien loin. Je crois que la laïcité à la française dont
nous sommes tous fiers, a largement contribué à cette harmonie religieuse et se
trouve être aujourd’hui, comme le dit un Jésuite dans La Croix d’avant-hier :
« la grande chance des religions ». Je crois exprimer le souhait
général, ce soir en disant qu’à la suite de votre débat, nous soyons tous en
marche vers la même harmonie avec l’Islam.

MASTER EEMA (Études européennes, méditerranéennes et asiatiques) de l'École Pratique des Hautes Études

02min46

Présentation du Master EEMA par Jean-Michel Mouton, Directeur d'Études à l'École Pratique des Hautes Études, responsable du Master

Anthropologie de la famille

Françoise HERITIER

1h15min06

"Parler de l'anthropologie de la famille nous confronte immédiatement au difficile problème de sa définition, ce qui peut paraître surprenant au commun des mortels que nous sommes, car comme le temps pour Saint-Augustin ; nous croyons tous savoir, d'expérience intime, ce que c'est. Il n'a pas été possible à ce jour d'en établir une définition qui ait valeur universelle alors même que la réalité de ce que ce terme recouvre se rencontre dans toutes les sociétés présentes et passées. Il est même avéré que le mode conjugal et monogamique que nous avons en tête, dans la mesure où il correspond à l'expérience vécue des sociétés occidentales, est le plus répandu. Mais il n'est pas le seul. L'expérience des sociétés qui non seulement admettent mais sont construites sur un principe de polygamie, polygynie ou polyandrie, montrent que la monogamie n'est pas un fait qui découle d'un ordre naturel. "